BOURRELLERIE ET SELLERIE. 511
avec exces, enfonrchait certainement sa bete ä la voltige, parce quec’est un mouvement naturel, surtoutquand l’etrier fait defaut, et d’uneexecution si facile qu’on le voit faire tous les jours sans peine, quoiquesans gräce, par les plus lourdauds des garcons d’ecurie.
LES ETRIERS . — Les Mriers, complement oblige de la seilemoderne, ne vinrent qu’assez longtemps apres. G’est aussi d’Orientqu’ils se repandirent en Occident , introduits par les Huns, suivantquelques auteurs. En tous cas, on en trouve la premiere mention dansle traite de VArt de la guerre de l’empereur Maurice, qui mourut en602. II leur donne le nom de scalce, probablement en Souvenir del’espece d’echelle formee par la lance du cavalier romain, pour l’aiderä monter a cheval, avant l’adoption de ces engins beaucoup plus com-modes et mieux appropries.
Les autres noms latins donnes aux etriers ont une origine encoreplus recente.
Les etriers etaient au debut, et sont encore chez les Arabes et lespeuples de l’Orient, larges, hauts, enveloppant pour ainsi dire lespieds du cavalier, a bords anterieurs tranchants; ce sont de verita-bles armes defensives et offensives a la fois, et il est probable qu’ilsn’avaient pas d’autre röle bien determine. Aujourd’hui encore, lesetriers d’un cavalier oriental sont attaches courts, de maniere älui tenirles jambes pliees et alui laisser seulement lesgenoux pour agir sur samonture; il est, d’ailleurs, si etroitement enchasse dans sa seile que« vider les arcons », comme on dit, lui est a peu pres impossible etqu’il n’a aucun besoin de point d’appui pour les pieds; — mais si lajambe d’un cavalier ennemi se trouve a portee de son etrier tran-chant, dans la chaleur de la melee, je vous garantis qu’elle s’ensouviendra.
Les Occidentaux, chez lesquels l’usage des etriers ne s’est unpeu repandu qu’au temps de la chevalerie, ont profondement modifieces appareils et les ont fait servir a un tout autre usage. Il en estresulte ceci, que l’equitation a fait chez nous des progres considera-bles, tandis qu’en Orient eile est restee ce qu’elle etait il y a dixsiecles.—Mais ce n’est pas d’equitation qu’il est question ici, tachonsdonc de ne pas nous laisser entrainer trop loin de notre sujctveritable.