PROCEDES DE TRAVAIL. L’INDUSTRIE DES VETEMENTS. 951
industries, s’en tirerait, ou tout au moins pourrait executer fortproprement les coutures qui lui seraient confiees par le tailleur, sanspasser pour cela par une serie de tätonnements prolongee outremesure.
SITUATION ACTUELLE DE L’INDUSTRIE DES VtTEMENTS.— Nous avonsdone decrit les operations essentielles de l’art du tailleur, celles qui,seules, pouvaient l’etre utilement; et c’est tout ce que nous pouvionsfaire. Mais il nous reste a presenter l’organisation economique del’industrie des vetements teile qu’elle existe actuellement a Paris ,entreprise d’autant plus facile que nous avons precisement sous lesyeux un document tout recent sur ce sujet, et qu’il nous suffira d’yfaire les emprunts necessaires.
II s’agit d’un article publie par M. Henri de Beaumont, a l’oc-casion de la greve de 1885, dans le Journal des Economistes. Danscette etude remarquable, tres fouillee, qui abonde en renseignementstechniques et statistiques, l’auteur se montre peut-etre un peu tropbien dispose en faveur des maitres tailleurs, c’est-ä-dire des patrons;mais ce n’est pas ici le lieu d’engager une discussion en regle de lapartie economique de cette question ardue, et nous devons nous con-tenter des renseignements sur la Situation actuelle de l’industrie quinous occupe, contenus dans cette etude, et fort difliciles ä obtenird’ailleurs.
« Le metier de tailleur faisant les vetements sur mesure est, ditM. Henri de Beaumont, une des vieilles prefessions de Paris , qui asubsiste sans etre atteinte par les evenements et par l’evolution pro-gressive de l’industrie contemporaine. Ses developpements ont suivil’extension de la population, l’augmentation de la fortune privee, lageneralisation du bien-etre et l’elevation du niveau social des bassesclasses de la societe.
» De 322 tailleurs que comptait Paris en 1827, le nombre s’esteleve progressivement ä 850 en 1849, et ä 1,720 en 1866. Le chiffred’affaires, de 45 millions en 1846, etait, en 1866, de 90 millions.
>> Mais la, comme partout, le progres est venu se manifester etmodifier la Situation...
» Au lieu de continuer ä faire le vetement sur la mesure dechaque acheteur, on le lui a offert tout fait. De lä est ne le commercedes vetements confectionnes.
» Cette innovation a jete dans l’industrie du tailleur une pertur-bation profonde, en creant une concurrence contre laquelle il etait