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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. IL 233

Galba, homme distingué par son éloquence,mais qui en détruisait, l’effet par sa difformitécorporelle, dont j’ai parlé plus liaut. « Le génie de» Galba, disait-il, est,mal logé. »

L 1 grammairien Orbilius railla ce mômeGalba d’une manière encore plus piquante. Or-bilius déposait contre un accusé. Galba, pour con-fondre le témoin, se metà l’interroger en feignantd’ignorer sa profession : « Quel est votre métier? »lui dit-il.—« De gratter des bosses au soleil, «ré-pondit celui-ci.

C. César faisait compter cent mille sestercesh ceux qui jouaient à la paume avec lui, tandisqu’il n’en faisait compter que cinquante à L. Céci-lius. « Qu’est-ce donc? dit celui-ci; est-ce qu’au lieu« de jouer des deux mains, je ne joue que d’une« seule, pour que je ne puisse recevoir davan-« tage?»

On disait à Décimus Labériusque P. Clodiusétait irrité contre lui, parce qu’il lui avait refuséde. composer un mime. « Que peut-il me faire« déplus, répliqua-t-il, que de me faire aller A« Dyrraebium et revenir? » faisant allusion àl’exil de Cicéron.

Cil AI’lTltE Vil.

Des mots et maximes île Lnliérius et de Publias, mimo-graphes, et de Pylade et llylas, comédiens.

Mais puisqu’Aurélius Symmaque a parlé na-guère de Labérius, et que j’en fais moi-mômeactuellement mention, si je rapportais ici quel-ques mots de lui ainsi que de Publius, nousaurions introduit en quelque sorte, à notre fes-

tin , l’appareil de fête que semble promettre laprésence des comédiens, en évitant le reprochede libertinage qu'elle attire. César invita Lnbé-rius, chevalier romain, homme d’une âpre libertéde parole, à monter sur le théâtre moyennant lasomme de cinq cent mille petits sesterces, et àjouer lui-môme les mimes qu'il composait. Or,l’homme puissant commande non-seulement lors-qu’il invite, mais lors môme qu’il prie. Aussi Labé-rius témoigne la contrainte que César lui fit subir,dans les vers du prologue suivant.

« Où m’a précipité, vers la fin de mon exis-«tence, la force adverse de la nécessité, que« tant d’hommes ont voulu éluder, et que si peu«ont pu fuir? Moi, que dans ma jeunesse au-« cune ambition, aucune largesse, aucune erain-«te, aucune force, aucune autorité, ne purent« faire déchoir de mon rang, voilà que dans ma« vieillesse la parole flatteuse, douce et clémente« d’un homme illustre, m’en fait descendre avec« facilité. Car qui aurait toléré que moi, mortel,« j’eusse refusé à celui auquel les dieux ne purent« rien refuser? Ainsi doncaprès avoir vécu soixante« ans sans reproche, je quitte mes lares cheva-« lier romain, et je rentre, dans ma maison corné-« dieu. Dès cet instant j’ai vécu trop d’un jour.« O fortune immodérée dans la prospérité comme« dans le malheur, si l’un de tes caprices devait« être de faire servir la gloire des lettres à briser« vers son terme une renommée honorable, pour-« quoi ne m’ns-tu pas rendu flexible à accomplir tes« desseins, alors que mes membres pleins de vi-« gueur me permettaient de plaire au peuple et à«cet homme illustre? Mais maintenant où me

supra dixi, corporis destruebat, M. Lollii vox circumtcrc-batur : « (ngcniiiin Galbai male habitat. «

lu eiindcm O,album Orbilius grairunaliciis ucerhius ir-risit. l’rmlierat Orbilius in remn lestis : qu.em Galba utc.onfunderet, dissimulafa professione ejus, inlorrogavil :« Quod artilicium lacis? » respondil : « In solegibbos so-« leu fricaro. «

L. Cæcilius, cum C. Cæsar aliis, qui scciim pila hisila-bnnt, contenu seslerlia , illi uni quinquaginta dari jussis-set «Quid? ego, « inquit, « una manu Indu, et non dua-„ bus, ut plus liabcre possiin ? »

Cum iralus esso P. Clodius D. Labcrio diecrctiir, quodoi minium pelenli mm dodisset, « Quid amplius, » inquit,u milii liioliiruses, niai ut Dyrraebium cam, et redeam? «xlludens ad Cicerouis exsilium.

CAPUT VU.

5a si’nlenlils ac dlr.ll. Labcrll et Pul.lll mimograpbomm ;drque l’ylade ac ityln bistiionibus.

Sed quia et paulo ante Aurelius Symmarbus, et egoaune Luberil fecimus menlioncm, si abqna bujus aiquePuhlii die.la referemus, vidcliimur et adlnbendi conviviomimos vilasse lasc.ivium, et tumen celebrilatem, quam,

cum adsunt, illi cxcitare pollicenlur, imitari. Labcriinnasperæ libertatis equitem Romanum Cæsar quingentisinilliltus iuvitavil, ut prodiret in scunam,et ipse ageretmimos, quos scriptilabat. Sed poteslas nonsoluin, si in-vitet, sed eliam si supplicet, eogit. Unde se et Labérius aCæsare coactum in prologo lestatur bis versilms -.

Nécessitas, cujus cursus transversi impetumVolucrunt inulü effugere, puuci potucrunt,

Quo me. delrasit pœne extremis sensibus?

Quam nulla ambilio, nulla unquam largilio,Nulluslimor, vis nullu, nulla auctorilasMovern poluit in Jurcnta de statu ;liccc in senecla ut facile labcfecit locoViri excellentis mrtite clemenlu éditaSubmissa placide blandiloquens uratio?

1-Ueuiin ipsi llii negare oui niliil poUierunt,ilomini'ui me denegare guis possel pâli?

Ego bis Iriccnis nnnis actis sine nota,

Eques Hoinanus Lare egressus meo,

Domuin revertar mimas. Nhnirum hoc (lieUno plus vixi, inilii quam vivendum fuit.

Eortuna, immoderala in bono æque aique in malo,

Si tibi eral liliitum, lilerarum laudibusFloris cacumen noslræ faima frangera,

Curcum vigebam membrls pricviridanllbus,

Satis facere populo ettall cum pnteram Viro,

Non llcxihilcm meconcurvasli, utcarperes?

Nunc me quo dejicis? quid ad scenam affero?