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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. II.

pareil que c'est la plus molle de toutes les noix :c’est ce qui est attesté par le très-savant Sué-vi s,a ileur compétent en cette matière, dansl'idylle intitulée Morelum. Parlant d’un jardinierqui apprête un morelum, parmi les diverses cho-ses qu’il y fait entrer, il nous apprend qu’il y metla noix mollusque; voici ses expressions :

» Toi, Aeea, joins ta noix basilique à la noix« de Perse. Cette dernière, a pris son nom, dit-on,« (le ce que jadis ceux qui, avec le puissant roi« appelé Alexandre le Grand, allaient porter« ch 7 . les Perses une guerre féconde en terri-« blés combats , à leur retour dans les champs de« la Grèce, y plantèrent cette espèce d’arbres,« qu’ils en avaient apporté; procurant ainsi de« nouveaux fruits aux mortels. Cette noix est la« noix mollusque, pour que personne ne s’y trompe« faute de le savoir.

On appelle noix térentine, celle qui est si peucompacte qu’elle se brise presque en la touchant.On trouve à son sujet le passage suivant dans leI vre de Knvorin :

« Quelques personnes donnent aux noix et aux« brebis l’épithète de tarentines, tandis qu’il faut« dire ièrentines , do terenm, qui dans l’idiome« des Subins signifie mou. C’est de cette origine« que Varron, dans son livre troisième à Libonis,« pense que dérive le nom des Térentins. »Horace est tombé dans l'erreur que Favorinvient de signaler, lorsqu’il dit : « litla molle noix« de Tarante (et molle Tarenlum.) >>

La noix depin produit celle-ci que vous voyez.On trouve dans la Cistellairc de Plaute le pas-sage suivant : « Que celui qui veutextrairc la noix« de sa coque brise la noix. »

vulgo vocatur : et molluscii nux dicitur, acilicet quod cé-leris omnibus micibus niollior sit. Iliijus ici idoneiis asser-lur est Suevius, vie lon^e doctissimos, in idyllio, ipiodinsrribitur Morelum. Nnm,cnm Inquiliir de liorlulunofaciente. moretum, inter cetera, quæ eo mittit, et lioe po-muni mitti ait lus verbis :

Adinisce tu Acca basllicls liæc mine pnrliin,

Pnrlim Prrsica : quod nomen sic denique fcrlur,Proplcrca quod, qui ipiondam cuni rené pnlcnti,

Nomine Alexandre Manno, fera prirlia liclloIn l'crsas rein 1ère, sue post imle revcnlnlloe gémis nrboris In prælalis linibus CrajisDissrruere, novos friiclus morlalibns danlcs.

Mnllusca lace nux est, ne quis forte inscius errel.

Nux Tcrentina dicitur, quæ ila molli» est, ut vix altrelata frangatnr. De qna iu libre Favorini sic reiieritor :« Itrmque quidam Tarenlinas oves, vcl micesdicmit, quæi sunL Tcrentinæ a lercno, quod est Sabinnrnm lingua« molle. Unde Terentios qutique diclos pulat Varro ada F.ibnnem primo, u Quant in ciilpamcliainHoratiiispolestvideri inciderc, qui ait :lit molle Tarenlum.

Nux pinea lins imbis, qui nppositi sunl, nucleos dédit,Plaulus iu Cislellaria :

Qui e mien nucleos esse vull, frangnl nucem

CHAPITRE XV.

Des diverses espèces de pommes et île poires.

Puisque nous trouvons les pommes au nom-bre des bellaria, parlonsde leurs différentes es-pèces, mainte nous avons terminé ce qui

concerne les noix. Il est des écrivains agronomi-ques qui établissent la distinction suivante en-tre les noix et les pommes. Ils appellent noix toutfruit qui, étant dur à l’extérieur, renferme inté-rieurement un corps bon à manger; et ils appel-lent pomme tout fruit qui, étant exhrieure-inent bon à manger, renferme dans l’intérieur uncorps dur. D’après cette définition, la pèche, quele poète Suévius compte, comme nous l’avonsvu plus haut, au nombre des noix, devrait êtrerangée plutôt parmi les pommes.

Après ce préliminaire il faut passer en revueles différentes espèces de pommes que Cloatius,dans le quatrième livre des Etymologies gre-ques, énumère soigneusement en ces termes :

« Voici quelles sont les diverses espèces de« pommes : l’abricot, le coing, le citron, le coecy->< melum, la pomme à cuire, la pomme de« Mélos, la pomme douce, la mattiane, la pomme«orbiculée, la grenade, la pomme précoce, la« pomme ridée, la punique, la persique (pêche),« la quiriane, le prosivum, la pomme, rouge, la« seandiane, la pomme silvestre, le strutlnum, la« scantiane, la pomme de Tibor, la vériane. »

Vous voyez que la pêche, qui a conservé le nomde son sol originaire (persicum), quoiqu’elle soitdepuis longtemps naturalisée sur le nôtre, estcomptée par Cloatius au nombre des pommes.Le citron, dontparlele même auteur,est aussi une

CAPUT XV.

Do gononims malorum, ot pirorum.

lît, quia mal» videmusadmixta bellnriis, post mires denialunim generihus disseroiidimi est. Suul de agriciillurascriptures, qui miees et, initia sicdividuiit, ut niices dirontoinnc poimini, quod foris duro légat tir, et inliis liabeat,quod esui est; malum vero, quod loris liiibeat, quodesui,et diinim inftis includat. Seciindum liane delinitionemPersicum , quod Suevius porta suprritis inter nuccs nti-merat, magisirit inter mala nunierandnm.

Ilis præmissis, malonmi rnnmeianda sunt généra, quæCloatius iu Ordinatorum Græcortun libro quarto ita dili-genter enumerat : « Sunt aulein gênera malonnn ; Ame-n l'ilium, colonial» , cilreum, coccymelum, cnnditiviim« ÈjitpvjXtg, mustrum, Mattianum , orbicnlaliim , ngratia-» ntiiii, prærox, paniiuccuni, Punicum, Persicum , qui-« riamim, prosivum, ruliriun , scandiaimm, silvestre,« slrulliium , Seauliantim, Tibnr, Verianum. » Vides Per-sieiim a Cloatin inter mala numeratum, quod nomen ori-ginis suæ tenuit, liecl jam dudum nostri soli germe» sit.Quod aillent ait idem Cloatius, cilreum, et ipsum Persi-cum malum est scctindum Vergilium :

Felicis nialis, quo non præstantius ullum.