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LES SATURNALES, LTV. V.
t redoutable nous enfermait dans cette sombre«caverne, d'où mon courage, ma prudence et« mon adresse nous ont retirés; j’espère que« quelque jour nous nous en ressouviendrons. »Ulysse ne rappelle h ses compagnons qu’uneseule infortune; Ënée leur fait espérer la (in deleur souffrance présente, par l’exemple d’unedouble délivrance. D’ailleurs Homère a dit d’unemanière un peu obscure :
« J’espère que quelque jour nous nous en res-« souviendrons. »
Tandis que Virgile a dit plus clairement:
« Peut-être un jour vous éprouverez quelque« volupté à rappeler ces choses. »
Ce que votre poète ajoute ensuite offre desmotifs de consolation bien plus puissants. Il en-courage ses compagnons, non-seulement pardes exemples de salut, mais encore par l'espoird’un bonheur futur, en leur promettant pour ré-compense de leurs travaux, non pas seulementdes demeures paisibles, mais encore un em-pire.
Remarquons encore les passages suivants :(Virgile ) ;
« Tel, au haut de nos montagnes, l’orme an-» tique résiste aux coups redoublés des bûche-« rons qui s'efforcent de l’arracher; il conserve« encore son altitude superbe, et agite seulement« les branches qui forment sa cime ; mais enfin,« miné peu à peu par les coups, il fait entendre«le dernier craquement, et déchire par sa chute« le sein de la montagne. »
'« Asius tombe, semblable au chêne, ou au« peuplier t\ la feuille bianchtltre, ou nu pin élevé«que les charpentiers abattent pour en faire, des« bois de construction , avec des haches frnîchc-« ment aiguisées. «
’AXXà xat ivûsv èuï] àpET y, pouXfl te, v6<p te’E xcpvyop.Ev xat ttqu tûvSs p.vriae(TOat ofw.
Ulysses ad sucios nimm commemoravit æi umnam : hic adsperandam præsentis mali absobitionem gemini casus boi-latur eventu. Deindo illc ohscmius dixil. :
Kaî item tüWSe priaeufloa Afu.hic apertiiis :
Vorsan et hæc olim me.minlsse JnvabllSed et hoc qaod vesler a<ljecit, solatii fortioris est. Suosfini») non tantum cxemplo evadendi, sed et spo fnluræ ie-licitalis animavil, per lios lalmres non solum sedes quio-tas , sed et régna proinittens. Hos qnoque versus inspicerelibet :
Ac velutt summis anliquam in monlibus ornumCum ferm aecisiun crrbrisqne bipi'iinibus instantEruere agricole'. certalim : ilia usque minalurlit treincfac.la coinnm conçusse vertlee nulat,VulneritMis dynec paulalim evicla supremuinCongcimiit, traxltque jugls avulsa ruiunm.
’UpiTtE S’ d){ Ste tiç 8pü{ fifimv, f) à^Eput?,
’IU nmi; pXwOpX,, T7|v t’ oüpEOi textove; âvSpEî’EÇivoipov raXéxsaar vEyjxEtn, v^ïéiv eTv«i.
Votre poète a exprimé avec beaucoup de soinla difficulté de couper un gros arbre, tandis quel’arbre d’Homère est coupé sans qu'il soit ques-tion d’aucun effort.
« Le diligent Palinure se lève pour observer« les vents, et prête l’oreille à leur bruit; il ex-« plore les astres qui déclinent silencieusement« sur l’horizon, l’Arctnre, les Hyades pluvieuse,« las deux Ourses, et l’armure dorée d’Arion. «(Homère ) :
« Assis au gouvernail, Ulysse le dirigeait lui-« mêmeavechabileté;le sommeil n'appesantissnil;« point ses paupières, mais il observait les Pléia-« des, le Rootès qui se couche à l’occident,« l’Arctos (l’Ourse), surnommée encore le Char,« qui roule du même cêté et qui regarde Orion ,« laquelle est la seule des constellations qui soit,« sur l’Océan, un infaillible garant contre les tem-« pètes. »
Le pilote qui étudie le ciel doit lever fréquem-ment la tète, pour chercher des signes de sécu-rité dans les diverses régions d’un horizon se-rein. Virgile a rendu admirablement, il a pourainsi dire, peint et coloré cette action. Eneffet, l’Arctureest située vers le septentrion ; leTaureau, dans lequel sont placées les Hyades,est situé, ainsi qu’Orion, dans la partie méri-dionale du ciel. Virgile indique les divers mou-vements de tête de Palinure, par l’ordre dans le-quel il énumère ees constellations. Il nommed’abord l’Arcture; Palinure est doue tourné versle septentrion ; les Hyades pluvieuses, Palinurese tourne vers le midi; 1rs deux Ourses, il se re-tourne vers le septentrion. Enfin, il observe(i circumspicit ) l’armure dorée d’Orion : Palinurese tourne de nouveau vers le midi. De plus, lemot circumspicit (il regarde autour) peint un
Magno cuti» vester difficullalem abscidendæ arboreæ mo-lis expressit : verum nullo negolio Uomerica arbor absei-ditiir.
Haud segnisstrato surgit Palinurus, et omnesExplorât venlos, alque aurihus aéra captai :
Skieracuncta notai, tacilo lalienliacœlo;
Arcturum, Pltadasque, Uyadas, gemlno9quetriones,Armatumque auro circumspicit Oriuna.
Aùràp à 7tir]SaXlü> IOûveto texvïievtox;
TlgEvo;- où6e’ ot dnvo; ênî ftXritpixpounv ïiuhute,
J1 AiqlâSaç t’ èaopümi, xat ù'I/ÈSûovra Bowrriv,
’Apxxov 0’, ïjv xat digaÇav Èttlx),ï)atv xaXÉoumv,
Th’ aÙTOÛ axpcpE-at xai t’ ïîpiwva Soxsûec,
Otï] 8’ Sp.p.op6ç êatt XwETpûv èiXEavoto.
Gubeinator, qui explorât orhiin, c.rebro refleclere cervi.ccm débet, captando de diversis coeli regiotiibtis secniiia-teni sereni. llocmire, et velul colwibus Maro pitixil Namquia Arcturus juxta srptemtrionem est, Tiiurus veto, ilquo Hyades sunl, et Orion, in regioue austri simt, cre-bram cervicis renexionem in Palinnio sidéra consulentedescripsit, Arcturum , impiit. Ecce intuetur partem sep-tcmirionis : deinde, l'liadasqtw Uyadas. Ecce ad aus-
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