316
MACRORE.
« Le (ils de Pelée se précipitait contre lui, sem-« blable au lion meurtrier qu’une foule de clias-« seurs rassemblés ambitionne de mettre à mort;« il va d’abord les méprisant; mais si quelque« jeune homme impatient du combat le frappe« de sa lance, il se retourne en rugissant, l’é-« cumc naît entre ses dents, le naturel indompté« se réveille en lui : il frappe de sa queue ses« cuisses et ses lianes, il s’excite au combat,et, les« regardant d’un air menaçant, il se précipite le« premier sur les chasseurs, pour tuer quelqu’un« d’entreeux; ainsi Achille incitait sa force et son« grand cœur à marcher contre le magnanime« Énée . »
Vous voyez que la comparaison latine est ré-duite à la plus grande maigreur qu’il soit pos-sible; la comparaison grecque au contraire, etpar l’abondance des mots et par celle des ta-bleaux, égale l’appareil d’une chasse réelle. Cettefois, la différence est si grande, qu’il y auraitpresque à rougir d’établir la comparaison.
« Ainsi s’entre-choquent l’armée troyenne et« l’armée latine ^ l’on combat pied à pied, corps à« corps. >>
« Le bouclier était pressé contre le bouclier,« le casque contre le casque, le soldat contre« le soldat. »
.le laisse au lecteur à juger toute la différencequi existe entre ces deux passages.
x Ainsi l’aigle sauvage , au vol élevé, enlèvex un serpent qui s’attache aux griffes qui le bles-x sent, entoure les jambes de l’oiseau de ses re-x plis sinueux, hérisse ses horribles écailles, et
1 lijî.EtSr); 8’ éxépwOEV èvavriov «pro, Xe'mv <1;ti’/vr);, 8v te '/.ai àvSpE? à7roxTÔ|j.evai |J.E|iâa«nv,
A rpôgEvol, Ttâ; 5rjfJ.ii;' 8 Ss, 7tpÜTOV pèv à-riÇwv,’EpxeTai, àXX’ ôte y.év ti; àprjïOotov alÇriüvAovpi pâXri, éàXri te yavùv, mpi t’ àsppi; èSovTa;rlyvexai, 8v 8 e te ot xpaSâ) ote’vei âXxipov rjTop,
Oûprj 6È itXEvpâ; te xal lu/ia àpçoTE'ptoOevMoumETai, 8e 8’ aÙTOv êrroxpOvEi (J.ay£aaa0ai'VXauxtouv 8’ 10Ù; çépETat (jlévei , rjvriva nitpv-Q’AvSpüv, î] aùrî; qpOîeTat xpioTip l'i éfiiXtp'
"Q; ’AyiXrj’ ÛTpvvE gsvo; xal Oupè; àyrfvwp’AvtCov ÈXfiÉp.Evai peyaXr.Topo; Alveîao.
Videlisin angiislum Latinam paraholarn sic esse contrar-iai», ut niliil possil esse jejunius. Græram contra verlio-rum et rerum copia ponipam veræ vonalionis implesse? Intanta ergo dilTerentia pæne criibescendum est comparare.Haud aliter Trojnnæ acios aciesque I.ntlnicConcurrunt : lueret pede pes, densusque viro vir.
’Aorci; ap’ àa-iî’ îpEtSe, xopu; xôpuv, àvc'pa 8’ àvrp.quanta sit dilTerentia utriusque loci, lectori æstimandiimrelinquo.
Hjtque volans alte raptum cum fulva draconem
« siffle en dressant sa tète; et néanmoins, mal-« gré la lutte, l’aigle le presse de son bec cro-•» chu, en môme temps qu’il frappe l’air de sesx ailes. »
x Un oiseau était venu à passer, conformémentx à leur désir. C’était un aigle au vol élevé, qui,x se dirigeant â gauche, rappelait les troupes du« combat. Il portait dans ses serres un énormex serpent ensanglanté, mais encore palpitantx devie ( , et qui lui résistait encore; car s’étant« replié en arrière, il frappa l’aigle à la poitrine,« près du cou : la douleur lit que l’oiseau léchax le serpenta terre; et celui-ci vint tomber aux milieu de la troupe, tandis que l'aigle, en pous-x sant des cris, s’envola dans la direction dux vent. »
Virgile reproduit l’nction de l’aigle qui saisitune proie; et il ne paraît pas avoir remarquéles présages qui l’accompagnent dans Homère .L’arrivée de l’aigle du côté gauche, qui semblaitinterdire aux vainqueurs d’avancer davantage,la morsure qu’il reçoit du serpent qu’il tientdans ses serres , ce tressaillement d’un augurenon équivoque, la douleur qui lui fait abandon-ner sa proie et s’envoler en poussant un cri ; cesont autant de circonstances qui animent lacomparaison, et dont l’omission laisse auxvers du poète latin l’apparence d’un corps sansâme.
x ( La Renommée) est d’abord faible et timide,« mais bientôt elle s’élève dans les airs; et tnn-« dis qu’elle marche sur la terre, elle cache sax tète dans les nues. »
« (La Discorde) s’élève faible d’abord; mais
Fort aquila, iinplicuilque pedes, alque unguilms liæsit:Saucius at serpens sinuosa volumina versai,
Arrcctisque liorret squamis, et sibilal oreArduus Insnrgens : ilia liaud minus urgel olmnooLuctanlrm roslro, simili adhéra verherat alla.
'Opvi; yoip oçw ix^XOE xEpriaépevai p-Egawaiv,
Aîeto; 0j/i7tE'Triç, in' àptiTTEpà Xxov ËEpywv,
<I>oivr,EVTa Spâxovxa cplpiov ovOyea-m, xÉXwpov,
Zwàv, 8 t’ àaicxîpovTa- xal oüxm >,i)0eto '/app/;.
Ki<|/s yàp aùxàv iyovxa xaxà (rrijQo;, napi Bstp^v,’ISvmOeiç àninoy 48’ àxo 80 ev -put /apege ,
’AXyqaa; èîùvijot, pÉaq) 8’ évlxâêëaX’ OtùhiyA0t4; 8è xXàytaç itéteto Trvoifja’ àvipoio.
Vergilius solam aquilæ prædam refprt, ner. Homme,raquilai oinen advertit, quai et sinistra venions vincenlim»pmlilhehat aecessum, et, aceeplo a raptivo serpente morsuprædam doloredejecit; faeloque tripudio solislimo, ciiinclamore doiorem testante prælenolal. Quilms omnilmsvietoiiæprævarie.ali»signiiieabalur. Ilispræterinissis, quænnimain paraholæ dallant, vclut exanimum in Latinis ver-sihus corpus remansit.
Parva melu primo, mox sese attollit in auras,Ingrediturque solum, et caput inter nuliila condit.