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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACHOBE.

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remarque dans l’emploi que fait lepoëte, de labalance de Jupiter, emprunté de ce vers (d’Ho-mère) :

« En ce moment le père des dieux soulevait ses« balances d’or, »

Car Junon ayant déjà dit, en parlant de Tur-nus :

« Maintenant je vois ce jeune homme prêt à« venir lutter contre des destins inégaux; le jour« des Parques approche, avec la force ennemie. »Il était manifeste qu’il devait infailliblementpérir ; cependant le poète ajoute tardivement :

« Jupiter tient lui-même deux balances en équl-» libre, et plaee dans leurs bassins les destinées« diverses des deux combattants. »

Mais il faut pardonner à Virgile ces fautes, etd’autres, où l’a fait tomber une admiration ex-cessive pour Homère. D’ailleurs, il était difficilequ’il ne fût pas quelquefois inférieur à celui que,dans tout le cours de son ouvrage, il se proposeconstamment pour modèle. Car il a toujours lesyeux (ixés sur Homère, pour tâcher d'imiter sasimplicité, sa grandeur , l’élévation et la majestécalme de son style. C’est chez lui qu’il a puiséles traits magnifiques et variés de ses héros,l’intervention des dieux, les autorités mythologi-ques, l'expression des sentiments de la nature, larecherche des souvenirs, la prodigalité des com-paraisons, l’harmonie d’une éloquence entraî-nante, et enfin l’ensemble imposant des diversesparties.

ciinrct in primo voltimine, et in quarto, et in nono lo-qualur qua'dam Jnppilcr sine tiimiiltn, denique pusl Ju-nniiisel Vend is jnrgium, in fil, co iliccntc :

Deum iloums alla stlescll,

Kl treinelaela solo taillis, silcl ariluns æther :

Tuni /.epliyri posuera, prcinll placida æquora ponlus.tampiam non idem sit, qui loenlus sil panloante, sinenllo nmnili t.itins oliseqnio. Similis importunitas eut inpjusdem Juvis lance, qnam ex illo loco snrnsit :

K ai vote Sq xpûoEta irar^p iriratvE Tdb.avro.

Nam cinii jam de Tnrno pra'dixisset Jimo,

NiincJuvenem hnparilnis video concurrerc fatis,Parcnrumque (lies, et lux inimica propinquat;

manifestnmque esset, Turnum ntique perilurmn ; sero la-men

Juppiler ipse dons æquato examine lancesSustinet, etfata imponlt diverse duoriim.

Sed lare el alla igiioscenda Vergilio, qui studii circa lio-meruni nimielate excedit modum. Et re vera non poleratnon in aliqnilius minor viileri, qui per omneln poesim suamhoc uno est præe.ipue usus arclietypo. Acriter enini in llo-nieruin ocuios inlendit, iit annulai elur ejus non modomagniludinem, sed et simplicilatem el pra-seutiam ora-lionis, et tacitam majestatem. Ilinc diversarmn inter lie-rons snos personariim varia magnilicatio : Ilinc Deorinn in-terposilio : Ilinc anclorilas falmlosorum : Ilinc affeclumnmit 11 ralis expressio : liine, ninnumentoriim • persecutio :hine paraliolarnm exaggeralio : liine torrenlis oralionissonilus : liine rerum siugularuiii cum splendorc fastigium.

CHAPITRE XIV.

Que Virgile s'est tellement complu dans l'imitation il Ho-mère, qu’il a voulu imiter quelques-uns de ses delauls.Avec quel soin il a imité les épithètes ainsi que les au-tres ornements du discours.

Virgile se complaît tellement à imiter Homère,qu’il imite même des défauts mal à propos repro-chés a scs vers. Ainsi, il approuve dans la versi-fication d’Homère ces sortes de vers que les Créésappellent acéphales, lâches (Xayapol), hypereala-leptiques, et il ne craint pas de les imiter. Exem-ples de vers acéphales :

.... arielat in portas,

,...« (frappe de la tête contre les portes »).

P.irietilms textuin caxis iter,

(« chemin tissu de murailles aveugles ;) »et autres vers semblables. »

Exemples de vers lâches, c’est-à-dire qui on tdans le milieu des syllabes brèves poui deslongues :

... Et duro» obice postes.

«.... Les portes affermies par des barrières »).

Consilimn ipse paler et magna incepta Latinus.

(« Latinus lui-même sort du conseil, (et renonce)« à son important dessein. » )

Exemples de vers hi/percatalcptiques, c’est-à-dire, trop longs d’une syllabe :

.quin protinus oinnia.

....Vulcano decoquit liumorem.

(».... fait cuire le liquide sur le feu.»)

Spumas miscens argenti vivaque sulpliura.

CAPUT XIV.

In tantum Vergilio dulcein fuisse Imilnlionem Hoineri, lit vl-tia quoque noniiulla æinularl voluerit. Tuni quanloperelllius sit imilatus epithcla, celeraquo, quæ grnllorein ri'tl-dunt orationem.

Adeo autem Vergilio llomeri dulcis imitalio est, ut et inversihus vitia,qua- a minnullis imparité repreliendniitnr,imilatus sit, eos dico, quos Gr.Tci vocanl 4xtip4).ou;,).an(apoiç, {nrepxonoXr.xTixoû;. Quos hic quoque, llomerieiimstiluin approbans, non refugit : ut suntapud ipsum, àx:-90X01 :

Arietat In portis.

Pariettbus textum cæcls iter.

et similia. Aoyopoi aulein, qui in medio versu brèves sjl-laiias pro longis babeul :

Et iluros obiee postes.

Consiliuin ipse pater et magna Incepta Latinus.TVspxo-roXiixtixot syllaba longiorcs suiil :

Quin protinus onmia.et :

Vulcano decoquit liumorem.et :

Spumas miscens argenti vivaque sulpliura.et :

Arbulus borrida.

Sunt apud Homcruiu versus vulsis ac rasis similes, et ni-