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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MAC ROBE.

« J’ai dévasté douze villes avec la flotte, et onzedans les champs troyens avep l’armée de terre »De même, lorsqu’il est question de Calchas,le poète saisit l’occasion de nous faire connaîtrequel est celui qui dirigea la flotte des Grecs versles rivages troyens qui leur étaient inconnus :

« (Calchas) avait dirigé vers Ilion les vaisseaux« des Grecs, au moyen de l'art de la divination« qu’Apollon lui avait donné. «

Calchas raconte encore le présage que donnaaux Grecs, durant leur navigation, ce serpentqui dévora des passereaux; ce qui leur annonçaitque leur armée aurait dix ans à passer dans lepays ennemi. Dans un autre endroit, c’est un vieil-lard qui raconte d’anciens événements. Or, onsait que la vieillesse est verbeuse, et se plaît àfaire des narrations :

(Nestor :)« Pour moi, j’ai eu affaire jadis avec« des hommes plus vaillants que vous, etc. »et ailleurs :

(Nestor :) « Ah! si j’étais aussi jeune, et sij’avais encore, toutes mes forces, etc. »

Virgile a très-bien imité ces divers artifices :(Evandre:)« Jem’ensouviens, lorsque Priam,

« (ils de Laomédon, vint visiter les États de sa« sœur Jlésione. >>

(Didon :) « Je me souviens même que Teucer« vint autrefois à Sidon. »

(Évandre :) « Tel que j’étais lorsque, pour la« première fois, je mis en déroute une armée« sous les murs mêmes de Prcneste. »

Voyez aussi le récit tout entier du vol et de lapunition deCacus. Enfin Virgile n’a jamais né-gligé, à l’exemple de son modèle, de nous ins-truire des faits anci.uis.

rietôç 6’ ë-jOExà <pvi|u xarà T(.oir,v JpiSwAov.item, ne ignnraremus, quo duce classis Græcorum igno-tum siI)i Trojæ lilus invcnerit, cum de Calclmnte quere-rctur, ait :

Kat v/jErra’ f,yr\aa~' 'Ayaiüv ’IXiov efato,

"JIv Sià p.avTO<T'jvriv, T/;V o! itôpe <1 >oî6o; ’AitôXXtov.

Et ipse Calchas narrai nmen, quod Græcis navigantibus deserpente passerinn populatore conligerit. Ex quo denun-tiaturn est, exereitmn annos decem in liostieo tiiturmn.Alio loeo senex, id est, refèrendis faljulis arnica cl loquaxælas, res refert vetustas :

’USri itot’ èy et) xai àfdoaa, r,enEp Op.ïv,

’AvSpàmv (jbp-tXpaa.et reliqua. Et alibi.

EÏO’ -/jëiéoipt, |3b] Si poi ipnsSo; eï’/j,

et sequenüa. Vergilius onine hoc genus pulcberrime æmu-laïus est.

Nam memini Hesionœ visentem régna sororisLaoinedontiadeni Priainum. »

et :

Atque equidcin ’lrucrurn memini Sidona venire.et :

Qualis eram cum primam aciem Præneste sut) ipsaSlravi.

et de furlo vel pâma Cad tota narratio. Nec vetustissima

| (Exemple:)

« Car on dit que Cygnus', pleurant son bien-« aimé Pliaéton. «

— Ét plusieurs autres exemples semblables.

CHAPITRE XV.

Des diversités qu’on observe dans les dénombrements detroupes chez Virgile et chez Homère.

Dans les énumérations de soldats auxiliaires(ce que les Grecs appellent catalogues ), Virgilecontinue à s’efforcer d’imiter Ilomère; maisnéanmoins il s’éloigne un peu quelquefois de saméthode, pleine de noblesse. Homère, omettantles Lacédémoniens, les Athéniens et même lesMycéniens, auxquels appartenait le chef del’armée, commence son énumération par la liéo-tie. Ce n’est point par un motif pris de la di-gnité du rang de cette province, mais parcequ’elle lui offre un promontoire très-connu pourpoint de départ. C’est delà qu i! s’avance, par-courant successivement les pays alliés, tant in-sulaires que littoraux. Les régions qu’il rencon-tre sur sa route, limitrophes les unes des autres,le ramènent progressivement nu point d’où ilest parti, sans qu’aucun écart l’ait fait dévier.Mais, fidèle à son ordre méthodique, quand sonénumération est terminée, il se retrouve au lieuoù il l’avait commencée. Virgile au contraire,n’observant aucune méthode dans la mentionqu’il fait des divers pays, bouleverse par defréquentes divagations la disposition des lieux.Le premier individu qu’il nomme est Massicus ,chef des guerriers de Clusium et de Cose : après

tacuil, quin et ipsa noütiæ nostræ aurions sui imitatoringereret:

Namque ferunt luefu Cygnuui Pliaclhontis uuiati.et similia.

CAPUT XV.

Quæ diversilas calalogorum sit apuil Yei-gllium et llo-inmim.

Ubi vero enumcraulur auxilia, quel» Grær.i cataloguaivocant, euudcm anctorum siiuin conalus imitari, i» non-nullis paululum a gravilale Homcrica deviavit. l’rimum,quod Homerus pra-termissis Atbenis, ao Laceda'iuone,vel ipsis Mycenis, mule crat reclor cxcrcitus, lîieotiami» calalogi sui capite locnvit, non ob loci aliquam dignila-(cm, sed notissinnmi proinoiiloriiini ad exordiuinsibi fcnu-nierationis elegit. Unde progrediens, modo medileiranea ,modo maritima juncla describit. Inde rmsusad ntnmupiesitmn cobærentinm locorum disciplina descriheulis valutilcr agentis accedit. Nec ullosalt» coliaueutiam regionumin libro suo biare pennitlit; sed oiiviandi more procèdentredit onde digressus csl, et ita fmilur, quidquid enumera-lio ejus amplnctitur. (’oiilra Vergilius nullum in comme-morandis regionibus ordinem servat, sed locornm seriemsaltibns lacerat. Addncit primum Clusio et Cosis Massi-cum, Abas Imnc sequilur manu l’opiilouia 1 llvacqun comi-