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DE LA LANGUE LATINE, LIV. IX.
temps parfaits, on verra que, dans tous les ver-bes , chaque série est uniforme ; que tous lestemps imparfaits sont simples, comme amabar ,amor, amabor, et que tous les temps parfaitssont composés, comme amatus eram, amatussum, amatus ero. — 98. On se prévaut encored’un faux rapport, en accolant ensemble ferio(je frappe), feriam (jefrapperai), percussi (j’aifrappé). L’ordre véritable est : feriam, ferio, fe-riebam, temps imparfaits; percussi, percussero,percusseram, temps parfaits. On peut défen-dre de la même manière l’analogie dans lesautres temps. — 99. On cite pungo, pungam,pvgugi; tundo, tundam, tutudi, et l’on conclutde cette apparente anomalie que les syllabes de-vraient changer dans tous les temps des verbes,ou ne changer dans aucun. Or on confond ici deschoses dissemblables,c’est-à-dire les temps par-faits avec les temps imparfaits. Que si l’on con-sidère isolément les temps imparfaits et les tempsparfaits, on verra que la racine du verbe resteinvariable dans les uns : pungebam, pungo,pungam, et constamment variable dans les au-tres : pupugeram, pupugi, pupugero. — 100.On confond encore les temps parfaits avec lestemps imparfaits, en mettant sur la même lignefui, sum, ero. Le parfait fui est conforme àl’analogie dans toute sa conjugaison, et dans laparenté qui l’unit à fuerani et fuero. Les tempsimparfaits offrent la même régularité : sum (au-trefois esum), es, est; eram, eras , erat ; ero,eris , erit. En classant ainsi les temps dans leurordre, on retrouvera partout l'analogie.
101. On se prévaut aussi contre l’analogie dece que certains verbes n’ont pas les trois person-
nes ou les trois temps. Autant vaudrait critiquerla nature de ce qu’elle n’a pas donné la mêmeforme à tous les êtres. Si donc tous les verbes necomportaient pas naturellement les trois tempset les trois personnes, il est évident que la divi-sion des verbes serait restreinte. Or cette restric-tion doit s’appliquer, par exemple, à l’impératif,qui, ne se rapportant qu’à l’imparfait, puisqu’ilne s’adresse jamais qu’à une personne présenteou absente, n’a que trois formes, comme lege,legito, légat, tandis que l’indicatif, comme lego,legis, legit, en a neuf pour l’imparfait et autantpour le parfait. — 102 . Ce n’est donc pas entreun genre et un autre genre, mais entre les par-ties d'un même genre, qu’il faut chercher s’il y adissimilitude. Eu ajoutant à ces raisons cellesque j’ai déjà données au sujet des noms, on pourraaisément répondre à tout. En effet, de mêmeque la forme primordiale des noms réside dansle nominatif, de même la forme primordiale desverbes réside dans la première personne dutemps présent, comme scribo, lego. — 103.C’est pourquoi si, comme dans les noms, ilarrive que la forme primordiale d’un verben’existe pas, ou soit empruntée à un verbe d’uneautre espèce, on fera valoir, en faveur de l’ana-logie, les raisons que j’ai données en traitant desnoms. Que si la forme primordiale existe, maisque le reste de la conjugaison ne s’y rapportepas, comme cela arrive quelquefois dans la décli-naison des noms, il ne sera pas plus difficile deremonter à l’origine de cette apparente anomalie.En effet, les ambiguïtés de la synonymie se ren-contrent dans les verbes comme dans les noms :témoin volo, qui désigne, sous une forme iden-
discrepant inter se; nam infecta omnia simplicia simtliasunt, et perfecta duplicia inter se paria in omnibus ver-bis, ut hæc : amabar, amor, amabor; amatus eram,sum, ero. —.98. Quare item male dicunt ferio, feriam,percussi, quod est ordo : feriam, ferio, feriebam ; per-cussi, percussero, percusseram. Sic deinceps in reliquistemporibus repreliendenti responderi potest. — 99. Simi-litcr errant qui dicunt, ex utraque parte verba omniacommutare syllabas oportere, aut ntillum in bis : pungo,pungam, pupugi ; tundo, tundam, tutudi; dissimilia enimconferunt, verba infecti cum perfcctis. Quod si infectamodo conferrent, omnia verbi principia incornmutabiliaviderentur, ut in bis, pungebam, pungo, pungam; et'entra ex utraque parte commutabilia , si perfecta pone-rent, ut pupugeram , pupugi , pupugero. — 100. Itemmale conferunt : fui, sum , ero, quod fui est perrectum,quojus sériés sibi, ut debet, in omnibus personis constat,quod est fueram, fui, fuero ; de infeclis sum, quodnunc dicitur, oliin dicebatur esum et in omnibus personiseonstabat, quod dicebanlur, esum, es, est: eram, eras,erat ; ero, eris, erit ; sic hujuscemodi cetera servareanalogian videbis.
,0 *. Etiam hoc reprehendunt, quod quædam verbaneque personas habent ternas neque tempora terna. ld
imperite reprehendunt, ut si quis reprehendat naturam,quod non uniusmodi finxerit animalis omnis. Sic enimnatura non omnes formæ verborum terna babeant tem-pora, ternas personas : non babeant tolidem verborumdivisiones; quare cum imperamus, natura quod infectaverba solum liabet, cum et præsenti et absenti imperamus,fiunt terna, ut lege, legito, légat-, pertectum enim iro-perat nemo : contra quæ sunt indicandi, ut lego, legis,legit, novena fiunt verba infecti, novena perfecti. — 102.Quocirca non si genus cum genere discrepat, sed in suoquojusque genere si quid deest, requirendum. Ad hæc ad.dila si erunt ea quæ de nominatibus supra sunt dicta, fa-cilius omnia solventur. Nam ut illic externi caput rectuscasus, sichic in forma est personaejus qui loquitur, ettem-pus præsens, ut scribo, lego. — 103. Quare ut illic fit, silue item acciderit in formula, ut aut caput non sit, autex alieno genere sit proportione ; eadem, quæ illic dixi-mus, quor nihilominus servetur analogia; item, sicutillic, caput suum habebit, et in obiiquis casibus tiansitioerit in aliam quam formulant, qua assumpta, reliquafacilius possint videri verba unde sint declinata; fit enim,ut rectus nonnunquam sit ambiguus, ut in hoc verbo volo,quod id dno signilicat, unum a voluntate, allerum a vo-lando. Itaque a volo intellegimus et volare et velle.