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DESCRIPTION DE LA TERRE, L1V. T.
Dans l’intérieur, à une distance assez consi-dérabledu rivage,on aperçoit avec étonnement,dans des plaines qui passent pour être complète-ment stériles, si toutefois la chose est croyable,des arêtes de poissons, des débris d’huitres etd'autres coquilles, des rochers qui paraissentavoir été usés par les flots, comme ceux qu’onvoit au sein des mers, des ancres incrustées dansces rochers, et d’autres vestiges semblables, quisont autant d’indices de l’ancien séjour de la merdans ces lieux (te).
CHAP. VII. — L'Afrique proprementdite (17).
La contrée qui s’étend depuis le promontoireiVletagonium jusqu’aux autelsdes Philènes usurpe,à proprement parler, le nom d’Afrique . On y ren-contre d’abord Hippone-la-Royale (a), Rusicade
[b) et Habraca (c). Plus loin, trois promontoiresqui s’avancent au loin dans la mer, et connus sousles noms de cap Blanc (rf), cap d’Apollon (e),cap de Mercure (/), laissent entre eux deuxgolfes d’une étendue considérable. Le premier estappelé golfe d’Hippone (ÿ), de la ville d’HipponeDiarrhyte [h) (18), située sur ses bords. Autour del’autre (i), on remarque l’antique emplacementdes camps Lellien et Cornélien, l’embouchure duBagrada (j), les villes d’Utique et de Carthage,toutes deux célèbres et toutes deux fondées pardes Phéniciens. L’une est connue par la fin tragi-que de Caton; l’autre, jadis la rivale opiniâtrede Rome , aujourd’hui colonie romaine opulente,
(a) Los ruines d 'Hippo-Regius se voient à un kilomètre à Test deBone. — [b) Cette ville est aujourd’hui Sgigata, appelée aussi Stora. —
(c) A tijourd’hui Tabarkah , sur le bord de la mer. — ( d ) Encore au-jourd’hui cap Blanc chez les Européens, et Ras -el-Abiad chez lesArabes. — ( e ) Ras-Zebid. — (/) Cap Bon, üas Atldar des Arabes. —(0) Golfe de Diserte ou de Benzer. — (A) Bisertc ou Beuzer. — (r Legolfe de Tunis. — (J) Le Medjerdah, fleuve de 80 lieues de cours,qui se jette dans la mer sur la côte occidentale du golfe de Tunis.
vus et Nabar, aliaque quæ taceri milium rerum famævedispendium est.
Inlerius, et longe salis a littore ( si (idem res capit) mi-rum ad modum, spinæ piscium, muricum ostrearumquefragmenta, saxa attrita (nti soient) fluetibus, et non dif-ferentiamarinis, infixæcantihusanchoræ, etaliaejusmodisigna atque vestigia efTusi olim usqne ad ea loca pelagi, incampis nibil alentibus esse invenirique narrantur.
CAP. VII. — Africa proprie dicta.
Regio, quæ sequitur a proinuntorio Metagonio ad arasPhilænoriim, proprie nomen Africæ usurpât. In ea sentoppida, Hippo-Regius, et Rusicade , et Thabraca. üein triapromuntoria, Candidum , Apollinis , Mercurii, vaste pro-jeeta in altum , duos grandes sinus efficient. Hipponensrmvocant proximum, ab Hippone Diarrhyto, quod liltoriejus appositnm est. In altero sunt castra Rallia, castraCnrnelia, (lumen Bagrada, orbes Ulica et Carthago, ambæinclitæ, ambæ a Pbœnicibus conditaî : ilia fato Catornsinsignis, bæc suo; mine populi Romani colonia, olim
est encore plus fameuse par le souvenir de sonantique puissance, que par l’éclat qu’elle tire deses richesses (19). De là jusqu’à la petite Syrte,les seules villes qui méritent quelque attentionsont Hadrumète (a), Leptis (6), Clupée(c), Ma-comade (d), Thénée (e) et Neapolis (/).
La petite Syrte (g) est un golfe de près de centmille pas d’ouverture et de trois cent mille decirconférence, mais sans mouillage, et moins dan-gereux encore par ses écueils et ses bas-fondsque par les mouvements alternatifs d’une mercontinuellement agitée. Au-dessus est le grandlacTriton (h), ou se jette le fleuve Triton (tj et d’oùest venu le surnom que l’on donne à Minerve.Les habitants du pays croient que cette déesse estnée sur les bords de ce lac; et, pour accréditercette fable, ils célèbrent, le jour de sa naissance,une fête dans laquelle des jeunes filles se battentles unes contre les autres. Plus loin sont la villed’QEa (?) et le fleuve Cinyps (k ), traversant dansson cours les campagnes les plus fertiles; puisune autre Leptis ( l ) et une autre Syrte [m ), sem-blable à la première par son nom et ses qualitésdangereuses, mais d’une étendue plus considé-rable. Elle se termine au cap Borion, d’où s’élendjusqu’au cap Phycus ( n) une côte qu’on dit avoirétc habitée par des Lotophages, et qui est dépour-vue de mouillages.
(a) Hadrumetum prit au moyen âge le nom de Justlnlana , puiscelui tŸHeraclea: c’est aujourd’hui Herhla , ou Herklia. — (b) LeptisParva, appelée dans le pays J^empta, et qui noffre que des ruines. —(c) Aujourd'hui Aklybiah.-(d) Maharess — (e) Thaini.— (J) Nabal :on y volt les ruines {de Neapolis. — (p) Golfe de Kabès ou Kabbs : ila environ 18 lieues géographiques de largeur. — (Al Chibka el-Lou-deah (Lac des Marques), appelé aussi Bakyrc-Fciraoun. — (i) LeOuadi el’Kabbs. — tf) Tripoli , capitale du beylik de ce nom. Elledoit le sien à l’ancienne contrée de Tripofis . ainsi appelée de sestrois villes principales, Sabrata, OEa et Leptis Magna . — (A) Cefleuve est le Ouadi-Qnaam, qui a 20 lieues de cours, — (l) LeptisMagna aujourd’hui Lebidah ou Lebda 4, où l’on volt les restes d’untemple, d’un arc de triomphe, d’un aqueduc, et d’un amphithéâtre.— (m) Syrtis M/jor, aujourd hui le golfedeSidra ou de Sidre ,appeléen arabe Djoun-el-Kabrit. Il a environ 60 lieues de largeur et 125 delongueur.— (n) Cap Razat, appelé par les Arabes Ras-seid-Youssef,
imperiiejus pertinax æmtila; jam quidem itemm opu-lenta, eliam nunc lamen prionim excidio rerum, quamope præsentium clarior. Hadrumetum, Leptis , Clupea,Macomades, Thenæ, Neapolis, bine ad Syrtim adjacent,ut inter ignobilia ccleberrim»'.
Syrti sinus est centum fere millia passuum, qua mareaccipit, païens ; trecenla, qua cingit : verum importuosusatque atrox, et ob vadorum freqoentium brévia, magisqueetiam ob alternos motus pelagi afflueiitis ac refluentis in-festas. Super liunc ingrns palus amnem Tritona recipil,( 20 ) ipsa Trilonis: undect Minervæ cognomen inditumest, ut incolæ arbitrantur, ibi genilæ ; faciuntque ei fa-bula; aliquam lîdcm , quod , quem natalem ejus putant,ludicris vii ginnm inter se deeertantium célébrant. Ultra estŒa oppidum , et Cinyps fluvius per uberrima arva déci-dées : tnm Leptis altéra et Syrtis, nomine atque ingeniopar priori ; cæternm altero fere spatio, qua deliiscit, qua-que nexnm agit, amplior. Ejus promnntorinm est Borion,ab coque incipiens ora, quam Lolopliagi lenui&se dicuntur,usque ad Phycunta (et id promuntorium est) importuosolittore perlinet.