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DESCRIPTION DE LA TERRE, L1V. III.
régularisation de leurs affaires et le payement deleurs dettes. Il s’en trouvait même qui se préci-pitaient gaiement dans le bûcher de leurs proches,comme pour recommencer avec eux une nou-velle existence.
Toute la contrée habitée par ces peuplesgst appelée Gaule Chevelue. Ses habitants, con-nus sous trois grandes dénominations, sont sé-parés entre eux par des lleuves considérables.Les Aquitains s’étendent du Pyrénée à la Ga*ronne; les Celtes, de la Garonne à la Seine ; etles Relges, delaSeineau Rhin. Les Ausciens tien-nent le premier rang parmi les Aquitains, lesÉduens parmi les Celtes , et les Trévériensparmi les Belges. Leurs villes les plus florissan-tes sont Augusta(a) chez les Trévériens, Au-gustodunum (6) chez les Éduens, et Elimber-rum ( c ) chez les Ausciens. La Garonne , quidescend du mont Pyrénée , est guéahleet peupropre à la navigation dans une grande partie deson cours, à moins qu’elle ne soit grossie parles pluies d’hiver ou la fonte des neiges. Mais,près de l’Océan, lorsqu’après avoir reçu dansson lit la marée montante, elle roule ensuite seseaux avec la marée descendante, on la voit segrossir et s’élargir de plus en plus à mesurequ’elle s’approche de la mer, de sorte qu’à sonembouchure on la prendrait pour un large dé-troit : non-seulement alors elle porte des bâti-ments considérables, mais, comme une mer ora-geuse, elle leur fait éprouver d’horribles tour-mentes , surtout quand il arrive que le vent souf-fle dans une direction contraire à la Sienne . Ilexiste , à l'embouchure de cette rivière, une île
(a) Augusta Trevlrorum, aujourd’hui Trêves, dans la Prusse rhé-nane , conserve encore d'importants monuments romains. — (b) An-tun , chef lieu de sous-préfecture dans le dcpartemcDt de Saônc-et-Loirc. Au nombre de ses monuments antiques on peut citer lu Ported’Arroux, celle appelée le Portique de Saint-André, et, hors deson enceinte, les restes du Temple de Janus et les ruines ii’un am-phithéâtre. Avant <fè prendre le nom d’Augustodunum, cette villes’appelait Bibractc.'~ (c) Eltmberrum, appelée vulgairement Cl^um-berrum et Cfimberrum, reçut ensuite le nom fV Augusta, d’où estvenu le nom actuel d’^ucA, chef-lieu du département dii Gers .
erantqus, qui sc * n ro 6 os suorum, velut lin a victuri, li-benter immitterent.
Rcgio, quam iftcolnnt, omnis Comata Gallia. Populo-rum tria summa noinina Sunt, terminanlurque fluviis in-gontibus. Nam a Pyien.TO ad Garumnam, Aqnitani; abco ad Sequanam, Celtte; inde ad Rlienuin pertinent Bel-gæ. Aqnilanorum clarissimi sunt, Ausci; Celtarnm,Ædui t Helgarum, Treveri : nrbesque opulcntissimæ, inTreveris AUgusla, in Ædiiis Augiistodunum, in AùscisElimbcrrum. Gàrnmna ëx Pyrena'O monte delapsus, nisicum biberno imbre, aut solutis nivibùs intimant, diu va-dosus et vix nàvigabilis fertur. At ubi^ obvias Oceaniexæstnantis accessibns adauctus est, iïsdéinque rétroremeantibns, suas iliiusque aqnas agit; aliquantuin pie-nior, et quanto màgis procedit, eo iatior fit, ad postre-mum magni freti similis; nec majora tantum navigia tolé-rât , vornin etiarri inore pefegi srevientis éxsurgens, jactat
connue sous le nom d’Antros (a), que les ha-bitants du pays croient être suspendue Sur leseaux, et s’élever avec elles au temps de la crue.Cette opinion est fondée sur ce que les lieux en-vironnants, qui paraissent la dominer pour l’or-dinaire, sont couverts d’eau quand la rivière estgrosse, tandis qu’elle surnage encore, et qu’ellesemble même alors comme élevée au-dessus desrivages et des hauteurs qui peu auparavant ladérobaient à la vue.
C’est à l’embouchure de la Garonne que lesrivages de la Gaule commencent à s’avancerdans la mer, et à décrire cette grande courbe quis’étend vis-à-vis la côte des Cahtabres, depuisle pays des Santons jusqu’à celui des Osismiens.Le milieu de cette côte est occupé par d’autrespeuples. Les rivages suivants font face au septen-trion jusqu’au pays des Moriniens, situé à l’ex-trémité du territoire gaulois . Le port, appelé Gé-soriacum {b), est ce qu’il y a de plus connu danstoute cette étendue.
Le Rhin, qui descend des Alpes,forme prèsde sa source les lacs Vendus (c) et Aeronius \d).11 coule ensuite, et toujours dans un même lit,jusqu’à l’endroit où, non loin de la mer, il se
(a) Le célèbre d’Anvillc n’adopte point l’opinion qui veut que cetteîle soit le rocher qui s’élève û l’entrée de la Gironde , et sur lequel ona construit sons Henri II tin beau phare qui nefut terminé que sousHenri IV , et que l’on nomme la Tour de Cordouon. Son principalmotif est que ce rocher n’ayant qu environ cinquante mètre-. de dia-mètre , il ne doit point avoir attiré l’attention d’un géographe aussisuccinct que Mêla. 11 suppose donc que nie d'Aniros n'evlste plus;qu'elle était voisine du bourg de Soulac , et qu’elle a été réunie aucontinent par le changement qu’a éprouvé le Ut du fleuve. Matscomme Mêla désigne bien une fie située h l'embouchure de la Gi-ronde, et que celle qui, scion d'AnvlIlc, aurait existe prés de Soulac a du être â environ huit Kilomètres de la bouche du fleuve , nousadoptons l’opinion que nie d’Aniros esl le rocher de ta Tour de Cor-douan. — {b) La ville et le port de Boulogne, chef-lieu de sous pré-fecturc du département du Pas de-Cabiis, On l’appela d'abord Oeso-riacum navale, puis Dononia, d ou lui est venu le noui qu’elleporte. En i8a3, on y a découvert des antiquités romaines. — (c) Lelac de Constance, en allemand Çoden-see. qui sépare le grand duchéde Rade de la Suisse . Mêla le nomme fendus lacus ; mats il étaitappelé aussi Bodamicus lacus , probablement d’un lieu qui, situé fcl'extrémité occidentale, porte encore le nom de Rodmann; et Sri -gantinus Içcvs à cause de la ville de Brigantia, aujourd’hui Hre-gfnz, h l’extrémité orientale• — (d, Le lac que Mêla nomme yjeroniusest évidemment celui que l’on appelle Unter-See {Lac inférieur), quicommunique au lac de-Constance par une sorte de canal qui estprécisément le lit du Rhin .
navigantes afrociter, nliquesj alio venins, alio nnda præ-cipilat. In eo est insnla, Antios nomine, quam pendere etattolli aqnis increscentibus ideo incola- existimant, quiacnm videantnr editiora qnis objacet, ubi se lluctus impie-vit, ilia operit, hæc, ut prius tantum ambitin- : el quod ea,quibus ante ripæ collesque, ne cernerentur, obslilerant,lune velut ex loco snperiore perspieua sunt.
A Garumnæ exitn latus illud incipit terrai procurrentisin pelagus, el ora Cantabricis adversa liltoribus, aliis po-pulis media ejus babitantihus, ab Sanlonis ad Osismiosusque deflexa. Ab illis enim iterum ad septentriones fionslittornni respicit, pertinetque ad ultimos Gallicarum gen-iiiun Morinos, nec porlu, quem Gesoriacum vocant,qüMquàiô liotius liabet.
ISIienus ab Alpibus decidens, propga capilc duos lacusefficit, Venelum et Acronium. Mox diu sulidus, et cerloalveo lapsus, haud procnl a mari Imc el illuc dispefgitur,