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DESCRIPTION DE LA TERRE, LIV. III.
appelé Codamis (a), parsème d’Iles grandes etpetites. C’est ce qui fait que ce bras de mer, quis’introduit au sein des terres, n’a nulle partbeaucoup de largeur, ni aucune ressemblanceavec une mer: en effet, les eaux coulant çà et làentre les côtes de la terre ferme et celles d’ilespeu éloignées, forment des canaux qui ressem-blent à des fleuves; ensuite il devient un détroitresserré, et se courbe enfin en suivant un longrivage. Dans ce golfe sont placés les Cimbres etles Teutons. Plus loin, les Hermions occupentl’extrémité de la Germanie.
CHAP. IV. — La Sarmatie.
La Sarmatie, plus large dans l’intérieur quesur les bords de la mer, est séparée des contréessuivantes par la Yistule (86), et s’étend aumidi jusqu’à Pister. Ses peuples ont, dans leursvêtements et dans leurs armes, beaucoup de res-semblance avec les Parthes ; mais, vivant sous unciel plus rigoureux, ils ont aussi plus d’âpretédans le caractère. Ils n’ont point de villes, nimême de demeures fixes. Soit que de riches pâtu-rages les attirent dans un lieu, soit qu’ils fuientou poursuivent un ennemi, ils traînent avec euxtout ce qu’ils possèdent, et vivent toujours cam-pés. Cette nation est tellement guerrière, libre,indomptable, barbare et cruelle, que les femmesmême vont à la guerre avec les hommes; et afinqu’elles y deviennent habiles, aussitôt qu’ellessont nées on leur brûle la mamelle droite : d oùil résulte qu’ayant ce côté de la poitrine commecelui des hommes, elles ont la main libre pourporter des coups. Tendre l’arc, monter à cheval,
(o) Ce golfe est évidemment l’entrée de la mer Baltique, c’est-à-dire le grand détroit appelé Kattigat, et les trois petits détroits nom-més le Sund , le Grand Bett et le Petit Belt. A l'est de ces détroits,ainsi que Mêla semble l'indiquer, les côtes de la Suède et celles duMccklenbourg se rapprochent ; puis celles de la Prusse se courbentet se dirigent vers le nord.
parvisque insulis refertus est. Hac re mare, quoi] gremiolittorum accipilur, nusqitam late patel, nec usquam ntari6imile; verum aquispassim internuentibus acsæpe trans-gressis, vagnm atque dilTusum, facie amnium, spargilttr :qua littora atlingit, ripis contentum iiisularum non longedistanlibus, et ubique pene tantundem, it angustum etpar frelo ; curvansque se subinde, longo supercilio infle-xum est. lu eo sunt Cimbri et Teutoni : ultra, ullitni Ger-manise Hermiones.
CAP. IV. — Sarmalia.
Sarmatia inlus, qnam ad mare latior, ab bis quæ se-quunlur, Vistula anine discreta, qua rétro abit usque adIslritm llumen immillitur. Gens babitu armisque Parthicæproxima, verum ut cœli asperioris, ila ingenii. Son seurbibus lenent, et ne statis quidem sedibus. lit invitaverepabula, ut cedens et sequens liostis exigit, ila res opes-que secum trahens, semper castra habitant; bcllatrix, li-béra, indomita, et usque eo immanis atque atrox, ut fc-minae eliam cum viris bella ineant; atque ut habiles siut,
chasser, sont les occupations imposées aux jeu-nes filles; tuer un ennemi est le devoir de cellesqui sont adultes; et tant qu’elles n’ont pas ac-compli ce devoir, elles sont condamnées à la peinehonteuse de rester vierges.
CHAP. V. — La Scythie.
Depuis la Sarmatie jusqu’aux confins de l’Asie,excepté dans les contrées où régnent un hiverperpétuel et un froid intolérable, habitent despeuples scythes, presque tous connus sous unseul nom, celui de Berges. Les premiers qu’onrencontre sur les rivages de l’Asie sont lesHyperboréens, directement placés sous le pôle,au delà du vent Aquilon et des monts Ri-phées. Ils 11 e voient pas, comme nous, le soleil selever et se coucher tous les jours; mais ils jouis-sent de sa présence sur l’horizon depuis l’équinoxede printemps jusqu’à l’équinoxe d’automne, etont, par cette raison, un jour qui dure six moiset une nuit d’une égale durée. Terre sacrée, leurcontrée est exposée au soleil, et douée d’une grandefertilité. Religieux observateurs de la justice, ilscoulent des jours plus longs et plus heureuxqu’aucun autre peuple du monde. Toujours ausein de la paix et des plaisirs, ils ne connurentjamais ni les guerres ni les querelles. Ils font dessacrifices en l’hontieur de leurs dieux, et princi-palement d’Apollon. On rapporte à ce sujet qu’ilsenvoyaient autrefois leurs premières offrandes àDélos; que daus les premiers temps elles furentportées par des vierges du pays; mais qu’ensuiteils les confièrent à des peuples situés sur la route,qui se les passaient de proche en proche, et quecet usage subsista jusqu’au temps où des nationsdépravées osèrent abuser de leur confiance (87).Ils passent leur vie dans des bois sacrés et desforêts ; et dès qu’ils se sentent non pas dégoûtés,
natis statim dextra aduritur mamma. Inde expedila inictus manus quæ exeritur, virile lit peclus. Arcus tende-re, equitare, venari, puellaria pensa sunt : rerire hostem,adullarutn slipendium est ; adeo ut non percussisse, proflagitio habeatur, sitque eis pœnæ virginitas.
CAP. V. — Scythia.
Inde Asiæ confinia, nisi ubi perpetuæ hiemes sedentet intolerabilis rigor, Scythici populi incolunt, fere om-nesetiam in unum Bergæ appellati (88). In Asiatico littoreprimi Hyperborei super Aquilonem Rhipæosque montessub ipso siderum cardinejacent : ubi sol non quotidie, utnobis, sed primum verno æquinoclio exorlus, autum-naii deinum occidit : et ideo sex mensibus dies, et toti-demaliisnox usque continua est. Terraaugusta(89),aprica,perse fertilis. Cultores justissimi, et diutius quam ullimortalium, et beatius vivunt. Quippe festo semper otio lætinon bella novere, non jurgia; sacris operati, maximeApollinis : quorum primitias Delon misisse initio per vir-giues suas, deinde per populos, subinde tradeotes ulterio-