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des flots épuisés (a). Mais depuis que le Cartha-ginois Hannon, envoyé par son gouvernementpour explorer de nouvelles contrées, entra parle détroit dans l’Océan, fit le tour d’une grandepartie de l’Afrique, et revint, ainsi qu’il le ra-conte, non parceque les mers, mais les vivres luimanquèrent (106); depuis qu’un certain Eudoxe( 1 07), au temps de nos aïeux, se dérobant à lacolère de Lathure, roi d’Alexandrie, sortit dugolfe Arabique, navigua sur l’Océan et parvintà Gadès, on possède quelques renseignements surles côtes de l’Afrique.
Au delà des plages désertes dont nous venonsde parler, vivent des peuples muets, qui ne peu-vent se faire entendre que par signes : les uns ontune langue et n’articulent aucun son; les autressont privés de cet organe; d’autres, dont les lèvressont adhérentes, ont sous les narines un conduitpar lequel on dit qu’ils boivent à l’aide d’un cha-lumeau, et qu’ils aspirent une à une, quand ilsont besoin de manger, les graines des jeunes fruitsqu’ils trouvent çà et là. Avant l’arrivée d’Eu-doxe, le feu était tellement inconnu à quelques-uns de ces peuples, qu’émerveillés, ils serraientles flammes dans leurs bras, et cachaient dansleur sein des charbons ardents, jusqu’à ce quece feu qui leur plaisait tant leur causât de ladouleur. La côte-forme ensuite un vaste golfe,dans lequel est une grande île qu’on dit n’ëtre peu-plée que de femmes, dont tout le corps est couvert
(a) Mêla semble vouloir dire par exhausto fluctu que si l'Afriquese prolongeait indéfiniment, elle s'étendrait jusque sous la zone tor-ride, où l’Océan est épuisé, c’est-à-dire en partie desséché par lachaleur du soleil : opinion qui dans les idées des anciens est d’au-tant plus admissible, qu’ils supposaient que les émanations de l’O-céan servaient d'aliment continuel aux astres. Cependant Gossellinrepousse cette version, adoptée par Vossius, et reproduite dans leséditions regardées comme les plus correctes. 11 prétend que le texteoriginal a été altéré, et que les manuscrits les plus exacts portent :on exhausta fructu sine fine Africa se extenderet : ce qui signi-fierait qu'on a douté si l'Afrique stérile se prolongeait indéfini-ment. Malgré l'autorité de Gossellin, nous avons conservé le texteadmis dans les meilleures éditions.
de poil, et qui deviennent fécondes par elles-mêmes, sans aucun commerce avec les hommes.Elles sont, au reste, d’un naturel si sauvage et sifarouche, que les liens les plus forts suffisent àpeine pour les contenir. Hannon raconta ce fait ;et la vérité en est attestée par les peaux de quel-ques-unes de ces femmes qu’il lit tuer et qu’ilapporta (108).
Au delà de ce golfe, une haute montagne queles Grecs appellent 0ewv oy^ua (le char des dieux)vomit perpétuellement des flammes. Au delà decette montagne, la côte, pendant un long espace,offre des collines verdoyantes et des prairies àperte de vue, qu’on croit être habitées par desPans et des Satyres. Ce qui accrédite cette opi-nion, c’est qu’on n’y aperçoit ni culture ni habi-tations, enfin aucune trace de l’homme : c’estpendant le jour une vaste et silencieuse solitude,qui ressemble pendant la nuit à un camp d’uneimmense étendue, par la multitude de feux quiy brillent, parle bruit éclatant des cymbales etdes tambours, par le son des flûtes qui s’y fait en-tendre, et qui retentissent avec plusde force qu’ilsne le font sous la main de l’homme. Immédiate-ment après on retrouve des Ethiopiens; mais ils nesont ni riches, ni égaux entre eux par la taille,comme ceux dont nous avons parlé plus haut;ils sont plus petits et de mœurs grossières ; onles appelle ‘EtnvEptoi ( Occidentaux ). Sur leursfrontières se trouve une source qui vraisembla-blement est une de celles du Nil. Les naturels l’ap-pellent Nuchul, nom qui parait n’être que celuidu Nil, corrompu par une bouche barbare ( 109). Cecours d’eau produit le papyruset les mêmes espè-ces d’animaux que le Nil, mais plus petits. Lesautres fleuves de cette contrée se dirigent versl’Océan ; celui-ci prend seul sa route à l’orientau milieu des terres, et l’on est incertain du lieuoù il se perd. D’où l’on infère que le Nil, prenant
exploration missus a suis, cum per Oceani ostium exisset,magnam partem ejuscircumvectus,nonse mare sed corn-meatum defecisse, memoratu retulerat : et Eudoxus qui-dam , avorum nostroruni temporibus, cum, Lalhurum, re-gem Alexandriæ profugeret, Arahico sinu egressus, per hocpelagus (ut Nepos affirmât) Gades usque pervectus est;ideo ejus oræ notæ sunt aliqua.
Sunt autem trans ea, quæ modo deserta diximus, mulipopuli, etquibusproeloquio nutus est; alii sine sono lin -guæ; alii sine linguis; ahi labris etiam cohærentihus, nisiquod sub naribus etiam fistula est, per quam bibere ave-nis, et,cum incessit libido vescendi,grana singulafrugurnpassim nascentium absorbere dicuntur. Sunt, quibusanteadventum Eudoxi adeo ignotus ignis fuit, adeoque visusmirum in modum placuit, utamplecli etiam flaminas, etardentia sinu abdere, douée noceret, maxime libuerit. Su-per eosgrandislittoris flexus grandem insulam includit, inqua tantum feminas esse narrant, toto corpore hirsutas,et sine coitu marium sua sponte feenndas ; adeo asperisefleii-que moribus, ut quædam conlineri, ne reluctentur,
vix vinculis possint. Hoc Hanno retulit, et, quia detractaoccisis coria pertulerat, fides habita est.
Ultra hune sinum mons altus ( ut Graeci vocant ) OeüvSyripa, perpetuis ignibus flagrat. Ultra montem viret col-lis, longo tractu longis littoribus obductus, unde visunturpatentes magis campi, quam ut perspici possint, PanumSatyrorumque. Hinc opinio causæ fidem cepit, quod, cumin hisnihilculti sit,nullæhabitantiumsedes, nullavesti-gia, solitudo in diem vasta, etsilentium vastius, noctecrebri ignés micant, et veluti castra late jacentia osten-duntur, crêpant cymbala et tympana, audiunturque tibiæ,sonantes majus humanis. Tune rursus Æthiopes, nec tamdites, quum quos diximus, nec ita corporibus similes, sedminores incultique sunt, et nomine 'Earapiw''- ln horumfinibus fons est, quem jiili esse aliqua credibile est. Nu-chul ab incolis dicitur : et videri potest non alio nomineappellari, sed a barbaro ore corruptus. Alit papyrum, etminora quidem, ejusdem tamen generis animalia. Aliisamnibus in Oceanum vergentibus, solus in mediam regio-nem et adorientem abit : etquonam exeat, incertum est.