Buch 
Recherches sur les formations coralligènes du Jura méridional / E. Bourgeat
Entstehung
Seite
178
JPEG-Download
 

178

Leur existence prouve que, si le retrait de la mer fut suffisant pourtransporter vers le sud-ouest la ligne des récifs, il ne se fit cependantpas sans oscillation de la masse liquide. Celle-ci revint, puis se retira,revint encore et disparut enfin complètement, perdant à chaqueoscillation une partie de son domaine. Et c’est ainsi que l’on voit lesindigitations coralligènes gagner de plus en plus de hauteur à me-sure que l’on s’avance vers les Alpes , et passer peu à peu de l’As-tartien au Ptérocérien, au Virgulien, etc. Les récifs eux-mêmessubirent l’influence de ces balancements des eaux, car, pour neprendre que celui de Yalfin qui est le mieux connu, on voit que lesPolypiers y forment deux niveaux séparés par quelques faibles assisesqui correspondent à une intercalation du Ptérocérien, visible près desmaisons de Sur-la-Côte. Il m’a semblé qu’il en était de même pourceux de Yiry et d’Oyonnax , que j’ai cependant moins étudiés. Y a-t-ilquelque part, dans cette seconde ligne de bancs coralligènes, des tracesde végétaux terrestres? Je ne saurais le dire. Le fait est que je n’enai jamais rencontré et que je ne connais personne qui en ait signaléjusqu’à ce jour. Mais à voir la faune de Gastéropodes qui s’y abrite,les nombreux tests de Lithodomes qui s’y rencontrent et surtout lesgrosses oolithes roulées, dont les plus beaux types se rencontrentprès du ravin de Yalfin, on ne saurait douter qu’il n’y ait encore làune formation d’eaux peu profondes.

On était, alors, à l’âge du Ptérocérien ; mais, le sol continuantà émerger du côté du nord-ouest, les récifs reculèrent encorevers les Alpes et formèrent des barrières successives, contempo-raines, les unes du Virgulien, les autres du Portlandien , d’autresenfin du temps indéterminé qui s’écoula entre le Jurassique et leCrétacé. Seulement, en voyant à Charix et à Échallon des récifsd’âge Virgulien s’implanter en quelque sorte sur ceux de l’âge pré-cédent, tandis qu’ils s’en éloignent beaucoup au nord-ouest, on peutconclure que le déplacement de ces lignes ne fut pas égal partout.Considérable au voisinage de Yalfin et de Yiry, il fut presque nulvers la perte du Rhône.

Les points nouveaux où les récifs se rencontrent cette fois sontceux de Champformier, de Chézery , de la Cluse de la Balme et desenvirons de la Faucille. Au delà, les dépôts tertiaires de la plainesuisse masquent le Jurassique sur une grande largeur et ne per-mettent plus de le suivre. Mais lorsqu’on arrive à la montagne duSalève de l’autre côté du Léman , la réapparition des Polypiers vers