18 Histoire de Gekeve.
Jésus-Christ' y voulut planter son Evangile, par le ministèrede quelques personnes Apostoliques. Nazarius Disciple deSaint Pierre y vint le premier, & y convertit entr’autres unjeune homme Genevois nommé Cclsus , qui y reçut leBatcme , & séella de son sang le témoignage de sa foi,ayant été martirisé quelque-tems après avec Nazarius. On acrû que les Corps de ces deux Martirs étoient ensevelis àSaint Gervais, & à cause de cela la rue, qui passe joignantl’Eglise, s’appelle encore la rue des Corps Saints. Les Ma-nuscrits & le Citadin après eux, ajoutent que cette Eglise
s’est passé de plus mémorable dans lesquatre premiers Siécles de l’Eglise , ditexpressément, que ce ne fut que du temsde l’Empereur Marc-Aurele fils d’Anto-nin , fous lequel fe fit la cinquième per-sécution contre les Chrétiens, qu'on vitpour la premiere fois dans les Gaules ,des personnes souffrir le martyre > pourla véritable Religion , qui ne fut reçuequ’affez tard au-delà des Alpes. Cet Au-teur s’en exprime de cette maniéré : SubAnrclio Antonini fitio perstcutio quint a agi-tata ac tnm prìmùm intra Gallias martyriavisa. Sericis trans Alpes Del Religione /»-[ceptt. C’est-à-dire, qu’il n’y a point eude martyrs dans les Gaules avant le mi-lieu du second Siecle.
Mais du tems de l’Empereur Aurele,qui parvint à l’Empire l’An cent soixante& un de l’Ere commune , il y eut unepersécution violente à Vienne en Dau-phine 6e à Lion , qui sut la cinquièmepersécution dont on vient de parler , aprèsSulpice Sevcic, de laquelle on peut voirla Description dans l’Histoire Ecclésiasti-que d'Eusebe de Celàrée. Cette persécu-tion arrêta sans doute les progrès duChristianisine dans les Gaules. Auífi neparoit-tl pas, qu’il s’y établit des Evê.ques en d’autrcs lieux , pendant le restedu second Siecle, & les cinquante pre-mières années du troisième. Cependantles Eglises de Vienne & de Lion ne fu-rent pas absolument détruites, & ellescontinuèrent d’avoir leurs Evêques. Cel-le-ci eut Saint Ironie pour Pasteur, après
la mort de Photin , qui avoir souffert lemartyre à l’âge de quatre - vingt & dixans , dans la persécution dont on a déjaparlé. Et quoi que le Catalogue, qti’A-don Archevêque de Vienne, qui vivoitdans le neuvième Siecle, donne des Pré-lats de son Eglise, remonte un peu trophaut, comme on le verra dans la fuite,cependant il y a lieu de croire , que de-puis la persécution d’Aurele, les Evêquessc maintinrent à Vienne, comme à Lion.
Quoi-qu’il en soit, ce ne fut que versle milieu du troisième Siecle, sous l’Em-pire de Decius , qu’il fe fit de nouveauxctablistèmens d’Evêques dans les Gaules,comme on l’aprend de Grégoire de Tours,qui en parle de cette maniéré, au XXX.Chapitre du I. Livre de son Histoire desFrançois. Decii Imperatoris tempore sep.temviri Epijcopi ad prxdicandum in Galliamijst sunt , fitut Historia paflionis SanSii
Martyris Saturnini denarrat . Hi er~
go mijst sunt, Turonicis , Gratianus Epis.“copus, Arelatenfièus , Tropbymus Epistopus,ìyarben #, Paulus Epistopus. Tholosx Sa.turninus Epistopus. Parifineis DyonifiusEpistopus, Arvernis , Stremonius Epistopus.Lemovicinis, Martialis est destinatus Epis-
(OpUS.
Adon dans fa Chronique fait remonterles Evêques de Vienne > juíqu’au com-mencement du second Siecle, & il saitmention de sept Evêques de cette Ville »qui vécurent, selon lui, pendant ce Sie-cle là, d’où il semble que l’on pourroitconclure , que le Christianisme ctoit éta-