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Tome premier.
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94 Histoi RE D E Geneve.

1473. ils en rencontroient d’autres, qui fe joignoient 2 eux, en inten-tion de venir saccager Geneve; de lorte quêtant arrivez àFribourg, ils fe trouvèrent jusqu a deux mille : mais les Am-bassadeurs des Ligues fe mirent au-devant , & les appaise-

1476. rent, à condition néanmoins que les Genevois payeroient leprincipal & les dépens , qui montoient à six mille florinsd'or » & donnerent des Otages pour cela : ce qu’ils furentcontraints d’accepter moyennant quelque terme: mais ce ter-me étant venu, ce fut un nouvel embarras de trouver de lar-geur. Pour en venir à bout, il fallut emprunter les Bagues& les Joyaux des Bourgeois, fondre des Croix, des Calices& des Reliquaires , & imposer des Gabelles & des Taillesinconnues avant ce tems-là.

Î 477 * L’Evêque Jean-Loiiis, voyant les miseres que la Guerre ap-portoit, sit ses efforts de traiter une Alliance perpétuelle avecles Ligues des Suisses : à quoi ceux-ci consentirent ; mais lePeuple fut alors si stupide, qu’il ne connut pas le bien queleur vouloir procurer l’Evêque. Lui, voyant que le Peuple

ne

ne purent obtenir , qu'en promettant depayer à ces deux Cantons, la somme devingt-huit mille écus , comme portentles Regîtres publics » ou de 2,6000. écusd’or j ainli que s’en exprime le Traité.M. Spon se trompe donc quand il ne lafait que de deux mille huit cens écus.Les Députez de Geneve furent obligezpour la sûreté de rengagement où ilsvenoient d’entrer, de laitier Antoine deSt. Michel l’un d eux, en Otage, qui futemmené à Fribourg. Le plus difficilefut de trouver cette Somme. Pour envenir à bout, le Magistrat de Geneve fittaxer la valeur des biens de toute na-ture, de chaque particulier de la Ville,& de cette Taxe il résulta , que pourfaire la somme dont il s’agisibit, il sa-lait que chacun contribuât la douzièmepartie de son bien. Mais, comme il s’enfaloit beaucoup que les 28000. écus fetrouvassent en argent comptant dans laVille , 011 chercha à emprunter de tous

cotez, pour satisfaire au plutôt les Ber-nois fie les Fribourgeois. Ensuite pour fedégager peu à peu auprès de ceux quiavoient piété , on établit divers nou-veaux Impôts pendant dix ans. Tellefut la véritable cause de Imitation desSuifles contre les Genevois, 8c non pasparce que l’Evéque Jean-Louis avoitfait la guerre aux Vaìeylàns leurs Alliez,comme le dit M. Spon , car cette affai-re fut postérieure à tout ce qu’on vientde raconter. Au reste, la Bataille deMorat qui fe donna le 22 Juin 1476.& ce qui la suivit, par où nôtre Au-teur commence le récit de ce qui fait lesujet de cette Note, arriva environ neufmois après que la Ville de Geneve fefut engagée à payer la tomme de 28000.écus aux Bernois Sc aux Fribourgeois.Enfin cette somme fut la leule que lesGenevois leur comptèrent , fie non pasune fois 2800. écus, fie une seconde 6000.écus d’or, comme l’Auteur le raconte.

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