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Tome premier.
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I

IZ 4 Histoire de Gexeve.

1518. l’autre Procès, il étoit évident que ce n’étoit qu’une collu-sion entre ses adversaires & le fourbe Carmentrant , qui s’é-toit lailsé gagner par des Pré sens, pour dire ce qu'il plairoìtà l’Evêque, dont il étoit pensionnaire & domestique : qu’onl’avoit même laissé évader, après lui avoir fait d'autres présens,comme il s’en étoit vanté. Le Vidomne ne voyant pas de-quoi convaincre Berthelier , envoyoit tous les jours en posteaux Princes qui étoient en Piémont, ce qui se passoit en cet-te affaire. Ceux-ci craignant que les Syndics ne le déclaras-sent absous, leur voulurent donner des Assesseurs ; mais Mes-sieurs de Fribourg en étant avertis, écrivirent au Duc qu’ilsétoient surpris de son dessein, puis-que lui même & l’Evêqueavoient un peu auparavant protesté, que les Franchises de Ge-neve portoient, que les Syndics ne dévoient point avoir d’Af-sesseurs aux affaires criminelles. Les Princes se voyant dé-chus de leur prétention, voulurent assoupir l’affaire, & offri-rent à Berthelier, que s’il vouloir implorer leur grâce pourlui «St ses Complices, on la lui accorderoit, ce qui lui avoitdéja été offert à Fribourg ; mais il leur fit réponse, commealors, que les méchans dévoient recourir à la grâce , nonpas les gens de bien, qu’il n’en vouloir absolument point, &qu’il souhaitoit d ette condamné ou absous , selon la rigueurde la Justice. Les Princes jugeant bien que si on donnoitSentence, ce seroit à leur confusion, voulurent suspendre leJugement, défendant sur grosses peines d’y proceder, juíqu’àleur venue, ou autre nouveau Mandement. Ce que les Sin-dics firent, pour éviter l’orage qui auroit pû tomber fur leurtête, de la part de ces deux Seigneurs, qu’ils craignoientplus qu’ils n’affectionnoient.

Cependant Berthelier commença à parler secrètement de l’Al-liance avec Fribourg, gagnant autant qu’il pût de Bourgeois àson parti : mais le Duc avoit quantité de Créatures à Geneve, &entr’autres le Syndic Monthyon, qui avoit forte brigue dans leConseil & dans la Ville. D’ailleurs, une partie de la Ville origi-naire de Savoye, accoutumée à avoir le Duc pour Maître, aimoit

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