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Tome premier.
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148
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148 Histoire de Geneve.

„nu, comme il a été autrefois, & pourra choisir tel Logis„qu’il lui plaira, excepté nôtre Maison de Ville, dont nous„ne pouvons pas nous palier, si fait bien lui, & on le trai-tera du mieux qu’on pourra , si l'on ne peut le faire selon„fon mérite.

Ce Discours achevé, le Héraut dit ; Messieurs , jvous ne mevoulez, donc sas accorder la demande de Monseigneur , ni obéird son commandement : Non, dirent-ils. Alors il vêtit fa Cot-te d’Armes, & leur dit de fa part ; Je vous déclare rebelles àvôtre Prince , d feu dr d sang , & four marque de cela , jevous jette cette Baguette , qui la voudra lever la léve. Disantcela, il la jctta au milieu de la Sale, & s’cn alla. II n’enfut pas plutôt dehors, qu’une douzaine de Gentils - hommesbottez & éperonnez, qui étoient venus pour le même sujet,entrerent dans la Chambre du Conseil, & dirent; Syndics drConseil de Genève , songez d Alonseigneur , autrement vous au-rez sujet de vous en repentir j eniuite dequoi ils íortirent &montèrent à cheval.

Les Syndics & le Conseil sirent savoir au Peuple ce quiétoit arrivé, dont on fut bien étonné. La plupart néan-moins voyant qu’il falloit être aílujettis ou mourir , aimè-rent mieux le dernier & résolurent de vendre bien cherementleur vie. Les Syndics commandèrent de le mettre fous lesArmes , & y contraignirent les Ducaux. Les Portes surentfermées, les Chaînes tendues, & les Sentinelles posées. LeDuc ayant eu la réponse de son Héraut, s’approcha de Ge-neve, venant à Gaillard, avec toute son Armée, qui s’augmen-ta de ceux du Faucigny & du Chabiais : II sit fermer les Pas-sages, pour empêcher que rien n’cntrât, ni ne sortit de la Ville.

Ceux de Geneve bazardèrent néanmoins un homme enposte, pour en aller porter la nouvelle à Fribcyjrg : mais ilfut pris à Verfoy & mené à Gex, où on lui vlonna troiscoups d’Estrapade, pour lui faire dire ce qui fe paífoit dansGeneve. Un Marchand, nommé Marmet, revenant d'Alle-magne , y reçût le même traitement.