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Tome premier.
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_214 Histoire de Gexeve.

1532. certains Ecrits, qui donnoient soupçon du parti Protestant.’Sur quoi le Chanoine Verly de Fribourg en trouva, un nom-mé Jean Coulas, qui en avoit attaché un au pilier devantSaint Pierre. II lui donna un soufflet & tira lepée, car lesChanoines en portoient alors à Geneve. Coulas se mit surla défensive & blessa le Chanoine au bras. II y en eutdeux au Bourg-de-Four, qui soutenoient le parti du Cha-noine, qui furent blessez. Les Sindics voyant cette divisionentre le Peuple , sirent publier de se tenir en paix , & dene plus afficher d’Ecrits , ni faire autre nouveauté fans leur

permission.

promesses de Jesus-Christ. Les Ecclé-siastiques en firent beaucoup de bruit,ce qui causa une grande émotion parmile Peuple, dans quelques quartiers de laVille. II y eut même des coups don-nez de part & d’autre. Pierre Verii, deFribourg , Chanoine de St. Pierre , quise trouva dans ce choc, & qui donna unsoufflet, à un nommé Jean Gaula , quiavoit attaché un de ces Ecrits, au Pilierdevant l’Eglise de St. Pierre , y eut dupire, il sut blessé au bras d’un coup d’E-pée, que lui donna celui qui avoit reçuìe soufflet : Cette affaire fit beaucoup debruit. Elle fut sçûc à Fribourg , & lesSeigneurs de ce Canton prirent occasionde là, de se plaindre, par des Lettresqu’ils envoyèrent austi - tôt, & par unDéputé qui vint exprès à Geneve, à cesuiet ; ils se plaignirent donc des nou-velles opinions fur la Religion, qui com-mençoient à s’introduire parmi le Peuple;des Placards qui avoient été affichez ,& des Ecrits que l’on débitoit déja pu-bliquement parmi les fauteurs de cesnouveautez. On leur répondit, que lesEcrits qui avoient été placardez , l’avoientété à l’insçù du Magistrat, qui desaprou-voit extrêmement une relié licence, qu’ilétoit résolu de la réprimer de la bonnemaniéré, qu’il avoit condamné à uneamende considérable, celui qui avoit bles-sé le Chanoine Verii, quoi-qu’il ne l’eutfait , qu’à son Corps défendant, aprèsavoir recû un soufflet du Chanoine, Se

Sur

lui avoir vû mettre contre lui l’Epée àla main, Sc que l’on étoit dans la fer-me résolution de vivre, à I’exemple desSeigneurs de Fribourg , dans 1 ancienneReligion. Ensuite l’on publia à son deTrompe , des défenses , fous de grandespeines , de publier ou afficher aucunsEcrits, fans permission.

Ces défenses n’empêchérent pas, queles nouveautez , qui choquoient si fortles Fribourgeois, ne si fient tous les joursdes progrès. Elles trouvèrent des Dé-fenseurs , Sc parmi le Magistrat, & par-mi le peuple, quoi-que les Conseils prisesent des mesures pour en arrêter le cours,mais d’une maniéré fort modérée pourentretenir l’union entre les Citoyens, Sen’aigrir pas les esprits, de part ni d’au-tre. Ce qui donnoit du goût pour laReformarion, croient entr’autres choses,les Fables tirées de la Leçende » ou au-tres semblables Livres , dont les Ecclé-siastiques entretenoient le Peuple dansleurs Sermons. Pour lever ce scandale,le Conseil pria le Grand Vicaire, de fai-re prêcher dans toutes les Paroisses , Scdans tous les Couvents, l’Evangile dansfa pureté , fans y mêler aucunes Fablesni autres inventions humaines » rassuranten même tems , que ce seroit là unmoyen infaillible pour arrêter le coursdes nouveaux sentimens , qui s’introdui-soient,Sc de vivre, comme l’on avoit vé-cu jusqu'alors, dans la paix Sc dans laconcorde.

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