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Tome premier.
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_ 216 Histoire de Geneve.

1532. dans leur Logis plusieurs discours, pour faire connoitre auPeuple la Doctrine qu’ils enfeignoient. II y en eut plusieursqui les écoutèrent, & qui souhaitèrent qu’on suivit l’exem-ple de Berne. Le bruit en étant venu aux orejlles des Prê-tres & des Chanoines, ils résolurent d’y pourvoir mieux quepar le passé. Ils appellérent donc Farel & Saunier devantle Conseil Episcopal, où se trouvèrent deux Syndics , quileur avoient promis sûreté, s’ils vouloient soutenir leur Doc-trine devant les Prêtres.

Après

rat, Robert Sc Pierre Vandel, sreres, Clau-de Roset, Jean Goûta, Etienne Dada, JeanSourd, Baudichon De la Maifon-neuve, ScClaude de Geneve. Ceux - ci répandirentbien-tót par la Ville, ce qu’ils avoientapris de Farel & de Saunier, ce qui multi-plia le nombre de leurs Sectateurs ; maisle bruit du succès de leurs Prédications,étant venu aux oreilles du Conseil Epis-copal Sc des Chanoines, l’Abbé de Beau-rnont Grand Vicaire, fit assembler chezlui les principaux d'entre les Ecclésiasti-ques, pour consulter sur ce qu'il y avoità faire, afin d’étouffer dans fa naissanceune Secte , qui tendoit à renverser la Re-ligion établie depuis tant de Siécles. Cet-te Assemblée résolut , que Machard Se-cretaire de l'Evêque Sc deux Sindics,iroient parler à Farel & à Saunier , dela part du Conseil Episcopal, & de celuide la Ville , qu’ils leur diroient , quel’un Sc l’autre Corps, avoient été infor-mez de leur conduite , Sc de la Doctri-ne qu’ils avoient prêchée, 6c qu’ils vou-1 oient savoir deux s’ils c'toicnt prêts à lasoutenir en leur présence.

Les Ministres ravis d’avoir une occa-sion de défendre d une maniéré plus pu-blique la vérité de leur Religion , n’hé-sitérent pas ; ils donnèrent les mains àce qu’on exigeoit deux, & les deux Sin-dics dont nous venons de parler, leurpromirent une entiere sûreté.

Us furent donc conduits devant cetteAssemblée, mais en chemin faisant , ilseurent le désagrément d’être exposez dansles rués, aux insultes de la canaille, quiles chargea de diverses injures, dont ils

surent cependant moins touchez, que decelles qu’ils essuyèrent de la part du Con-seil Episcopal & du Chapitre.

Us s'attendoient, après la parole qu’onleur avoit donnée, à y avoir une confé-rence paisible, ou tout au plus à y sou-tenir une dispute reglée , mais ils furentfort trompez. Les Ecclésiastiques avoientrésolu , à la persuasion du Juge des Ex-cès, de ne point entrer en dispute aveceux. Si Disputetur, leur avoit-il dit, to -tum Miniflerium noftrum evertetur. Aussi,quand ils furent en présence de cette As-semblée , les Prêtres , fans leur donner letems de rien dire , les accablèrent d’in-jures. Farel à qui elles furent adresséesd’une maniéré plus particulière , répon-dit d'abord, qu’on avoit tort de le mal-traiter, qu’il prêchoit la même Religion,que Christ & ses Apôtres avoient an-noncée : Qu’il étoit prêt de rendre rai-son, devant tout 1e monde, de sa soi, Scde la maintçnir jusqu’à la mort : Qu’iln’étoit pas séditieux ni perturbateur durepos public, comme on le lui reprochent:Qu’on ne pouvoir, ni ne devoir empê-cher de l’écouter , ceux qui vouloientl’entendre. Et enfin , que s’il vouloir userde récrimination , il auroit une amplematière de le faire, & de leur dire, qu eux& leurs semblables avoient causé une in-finité de désordres, non seulement dansGeneve , mais dans tout le monde Chré-tien , par leur vie déréglée , & par leursDogmes superstitieux , sondez unique-ment , sur des imaginations Sc des tradi-tions humaines.

Ces reproches piquèrent fi fort l’As.

semblée,