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Tome premier.
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'* C’étoìt leCordelierBouquet.

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Le premier jour de lan 1533. à l’iíTuë du Sermon de Bou- 1533.quet, une si grande foule de gens vint en la Salle 3 où prè-choit Froment ; que tous les degrez & les environs de lamaison étoient pleins de monde : ce qui sit crier â cetteTroupe, Att Molard , Au Molard , dont les plus prochesde Froment le prirent & le portèrent, pour ainsi dire, lurun Banc de poissonnière à la place du Molard , le Peuplecriantj Prècbez-Kous U Parole de Dieu. Froment ayant doncrepris son Discours, le Sautier de la Ville arriva là-dessus,

& lui vint faire commandement de fe taire. II répondit,qu’il valoit mieux obeïr à Dieu qu’aux hommes, & poursui-vit. Le Conseil, aslemblé, ayant opiné promptement sur cet-te affaire, décréta prise de corps contre lui, & envoya desgens bien armez, pour lui mettre la main fur le colet, maison le sit sauver dans une maison de Bourgeois. Dcffcnsesfurent faites par le Magistrat de plus prêcher de cette ma-niéré , à peine de trois traits de corde. Quelque tems après,

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sonné le Tocsin > & ceux qui n’avoientpas voulu obéir au Lieutenant, ôc d'a-voir foin de fournir toutes les Paroissesde bons Prédicateurs, qui ne prêchassentque la Parole de Dieu. Le Vicaire re-çût fort bien ce que les Sindics lui di-rent de la part du Conseil ; il les remer-cia de la diligence 6c de l’activité aveclaquelle ils avoient apaisé le désordre ,

& leur promit qu’il feroit tout ce dontils le prioient.

Les Evangéliques promirent bien dese soumettre aux défenses que le Magis-trat leur fit d’employer les voyes de fait ;mais ils ne voulurent jamais s engager àrien, par rapport à celles qui leur furentfaites, de ne plus s'attacher à Froment.

Au contraire, persuadez qu’ils étoient dela bonté de leur Cause, 6c irritez de l’in-fulte que les Prêtres venoient de leur fai-re , il? soutinrent hardiment, que per-íonne n’avoit droit de cacher la Parolede Dieu , ajoutant qu'ils Tiroient enten-dre par tout où ils pourroient.

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tems , les Sindics Jean-Louis Ramel 6cClaude Savoye, qui fe rencontrèrent auxBarrières, près de la Magdelaine , s’étantfait apporter leurs Bâtons Sindicaux , ar-rêtèrent la fougue des Ecclésiastiques ar-mez, qui defeendoient tout furieux; 6crenvoyèrent les Evangéliques, qui étoientde même fort échauffez, chacun dansleurs maisons, de forte que cette émet-te fut bien-tôt entièrement calmée.

Pour prévenir les fuites fâcheuses que■pourroit avoir la continuation de sem-blables désordres , le Conseil s'assemblale soir du même jour, renouvella les dé-fenses qu’il avoir faites le matin à Fro-ment , de disputer Sc de prêcher, commeil avoir fait, Sc ordonna à ceux qui lefuivoíent, de se contenter du Prédicateurordinaire*, de vivre comme leurs Pré-décesseurs avoient vécu, 6c d’éviter avecsoin, toutes fortes de violences. Le Con-seil résolut austi de prier le Vicaire del’Evêque, de châtier les Prêtres , qui a-voient causé le désordre, Sc qui avoient