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Tome premier.
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Livre IL 227

Le lendemain Verly fut enseveli honorablement; & parcequ’il étoit de Fribourg, on écrivit aux Magistrats de ceCanton, qu’on étoit âpres à rechercher ceux qui avoient faitle coup, pour en faire justice. Deux de fes parens vinrentavec un Héraut & des Lettres de Fribourg. Ils demandèrentle corps, qui leur fut accordé. Quelques jours après ilsvinrent demander justice, non-feulement de ceux qui l’avoienttué, mais aullî de ceux qui croient pré sens, & qui n’avoientpas empêché faction, entr’autres du Syndic Coquet. II ré-pondit qu’il y avoir été avec son Bâton Syndical, selon ledevoir de fa Charge, & qu’il avoir fait son possible pourappaifer le désordre. Les Syndics assurèrent ceux de Fri-bourg, qu’ils leur rendroient juílicc.

Après cela des Députez de Berne fe présentèrent au Con-seil, pour offrir leur médiation y , & proposèrent que chacunfut en liberté pour la Messe & pour le Prêche. Un moisaprès j on jura d’en user ainsi l’a venir, & de ne point con-

F f 2 trêve-

V I.cs Bernois ayant apris ce qui étoitarrivé, la hauteur avec laquelle les Dépu-tez de Fribourg avoient parlé, & les in-quiétudes que cette affaire causoit dansGeneve, envoyèrent de leur côté deuxDéputez , qui ayant demandé audienceen Deux-Cent, le 2.7. de Mai, offrirentde la part de leurs Supérieurs leur Mé-diation. Ils dirent qtt’ils étoient venuspour entendre tout ce que le Conseilavoit à leur dire sur cette affaire, pourle soutenir contre les violences des Pa-rens de Verly , & en général pour rame-ner la paix dans la Ville ; Que pour envenir à bout, ils croyoient que dans ladiversité de sentimens où étoient les Ci-toyens , on ne pouvoir mieux faire quede laisser vivre tout le monde dans laliberté de conscience ; Qu’il fut défen-du à chacun d’inquiéter ou de chagrinerpersonne, sur les articles de fa croyance.Que la Messe , les Imaget , les Fêtes del’Eglìse subsistassent toujours, afin queceux qui étoient persuadez- que leur sa-int est attache à la pratique de ces sor-

tes de cérémonies , pussent se satisfaire.Mais aussi, qu’il fut permis à ceux quiregardoient toutes ces choses comme desabus dangereux, & qui souhaitoient avecardeur d’entendre des Ministres de l’Evan-gile, de jouir de cet avantage, & quepour cet effet, on leur accordât un Pré-dicateur dans l’une des sept Eglises Pa-roissiales , ou dans l’un des Couvens ;Qu’ainsi, personne ne fut gêné en aucunemaniéré dans ses sentimens. Ils ajoutè-rent, que , comme ceux qui suivoientl’Evangile, ne pouvoient pas se passer dela lecture du Vieux & du Nouveau Tes-tament , qui étoit le fondement de leurReligion, & de quelques autres Livresde pieté, ils croyoient qu’on devoit per-mettre que ces sortes de Livres fussentvendus publiquement. On accepta lesoffres des Envoyez de Berne , par rap-port à leur entremise > pour apaiser lediffèrent; mais à l’égard du reste, onleur dit, que l’on avoit résolu de se te-nir aux Articles de Paix, qui avoient étépubliez le j o. de Mars,

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