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234 Histoire de Geneve.
que lc Prédicateur Furbity avoir dit contr’eux. Les Syndicsfirent réponse qu’on avoir du déplaisir que le Prédicateur leseût choquez, s’il étoit vrai comme ils l’asseuroient, mais qu’ilsnavoient aucune connoislance fur les Ecclésiastiques. Les Dé-putez ne fe contentèrent pas de cette réponse, les menaçantde rompre avec ëuxj & en eífet, ils voulurent rendre lesLettres de Confédération, qu’ils mirent fur la table. Lc Con-seil les pria instamment de les reprendre, & pour les conten-ter , on fit répondre Furbity à la Maison de Ville, avec pro-testation de ne vouloir préjudicier à l’autorité de l’Evêque, niLux privilèges des Clercs e . Le Procès fut poursuivi, par sou-mission que les Parties firent de s’cn tenir á ce que les Syn-dics
' Les Bernois ensuite de I.i partie cri-minelle qu’ils avoient faite à F ttrbhi,envoyèrent leurs Députez à Geneve, pourle poursuivre. On leur répondit d'abordque ces fortes de cas étant de la com-pétence des Tribunaux Ecclésiastiques , sile Conseil de la Ville en ccnnoiífoit, ilauroit bien de la peine à se justifier au-près de l’Evcque, du reproche qu’il fe-roit, qu’on fe mettoit en la place. Scqu’on violoit le peu qui lui restoit de faJurildiction. Cette réponse n’ayant nul-lement satisfait les Députez , lesquels fi-rent les menaces dont parle notre Auteur,on leur dit que Furbhi seroit amené à laMaison de Ville devant le Grand Conseil,& que là il seroit obligé de répondre àtoutes les questions que lui feroient despersonnes éclairées qu’ils avoient à leurfuite , ce qu’ils acceptèrent. Ces person-nes étoient Farei, Ure t Sc Froment , avecqui les Députez de Berne fe proposoientde faire entrer en lice le Dominicain.Celui-ci, à la premicre question qui luifut faite , dit qu’il ne leur répondroitpoint, à moins qu’on ne lui donnât un
Í ùige Ecclésiastique , puis-qu’il encourroita peine d’excommunication , s’il en usoitautrement. Là - dessus le Conseil , duconsentement des Députez de Berne , fitprier le Conseil Episcopal de nommer untel Juge, qui accordât à Furbhi la per-mission de répondre aux questions qui
lui feroient faires, Sc qui fut témoin defes réponses ; ce que le Conseil Episcopalrefusa absolument , menaçant même leConseil de la Ville de l'Excommunica-tion , s’il ne relachoit Furbhi dans troisheures. On fit plus > on envoya à l’E-vcque , pour obtenir de lui ce que sonConseil ne vouloir pas accorder, mais lePrélat refusa de même. Enfin, les Emvoyez de Berne menaçant derechef derompre l’Alliar.ce , si d’une maniéré oud’unc autre , le Conseil de la Ville n’o-bligeoit pas Furbhi de répondre devantlui : On prit lc parti de lc faire, toute-fois, après avoir déclaré au Conseil Epis-copal , qu’on s’y étoit déterminé , nonpoint pour porter préjudice à l’autoritéde l’Evcque, ni à celle du Clergé, maisuniquement pour le salut de la Républi-que , & pour conserver l’Alltance avecles Bernois.
Furbhi fut donc amené le 27. Janvier;devant le Conseil des Deux Cens, où serendirent aussi les Envoyez de Berne, l.esSindics lui ayant ordonné de répondre farsdifficulté aux questions que ces Envoyezlui feroient , il dit qu’il l’exécuteroit,mais qu’il ne prétendent point paroitredevant le Conseil , ni répondre commedevant son Juge. Sur la premiere quesltion qui lui fut faite par ces Envoyez ,fur les injures qu’il avoir proférées, seloneux, contre leurs Supérieurs, il nia ab-solu-