Livre II. 245
qua, la veille de la Pentecôte, qu’on avoit ôté la tête à j?™toutes les Statués des Saints, au Portail de l’Eglise de Rive,sans qu’on Içut qui avoit fait cette action ; car elle avoit étécommue à la faveur des ténèbres. Ces têtes furent trouvéesdans un Puits, & les Syndics indignez les firent raccommo-der du mieux qu’il leur fut possible. Le Parti Protestant fai-
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le justifier, quoi-que ce Prélat se fut dé-claré depuis long-tems ennemi de la Vil-le, 8c qu’il lui eut suscité, du moins enpartie, la derniere Guerre , quelle avoitessuyée. Que fi le Conseil leur avoitécrit que l’on étoit dans Tintent ion dedemeurer attachez à la Religion ancien-ne , on le fa i foi t aussi , puis - qu’on nevoyoit, ni Cérémonies abolies , ni Egli-ses fermées. Que fi Farei avoit prêché,& prêchoìt encore, on ne pouvoir point1 imputer avec justice aux Conseils. Surquoi on leur fit un Discours circonstan-cié, de tout ce qui s’étoit passé avec lesEnvoyez de Berne, au sujet du Domi-nicain Furbhi ; comment ils avoient ame-né Farei avec eux ; qu’ils lui avoient faitfaire le Service Divin à leur maniéré ,dans leur maison , ce que le Magistratn’avoit pû empêcher ; Sc de quelle manié-ré Farei, soutenu de plusieurs Citoyens,étoit allé prêcher dans le Couvent desCordeliers ; Qu’encore que la Ville futobligée de garder de grands ménagemensavec les Seigneurs de Berne, qu eux mê-mes , les Seigneurs de Fribourg eussentsouvent conseillé de ne rien faire, quileur pût déplaire , 8c qu’on leur dút ac-tuellement une Somme d’argent tics con-sidérable , cependant Ton avoit toujoursçté ferme à leur refuser un lieu public,pour leur Ministre. Qu’on avoit plusfait encore, puis-que le Conseil ne sevoyant pas en état d’arrêter le torrent,S d’empécher le Peuple d aller entendreFarei, avoit voulu remettre la décisionde toutes les difficultez, qui intriguoientfi fort la Ville, aux deux Cantons Alliez,mais que les Seigneurs de Berne n’y a-voient pas voulu donner les mains.Qu’ainsi , on ne pouvoir rien reprocherla dessus au Magistrat, avec quelque om-
bre de justice. Pour ce qui concemoitTEvêque, on leur dit, qu’on étoit sur-pris que les Seigneurs de Fribourg pris-sent son parti , plutôt que celui de laVille , qui étoit Alliée avec eux , pen-dant qu’ils ne l’étoient point avec TEvê-que j que si Ton avoit réservé les droitsde cç Prélat , dans le Traité d’Alliance,cela f étoit fait de la part de la Ville,8c non de la leur ; quainsi , ils n’étoientengagez à rien à cet égard ; Qú’on lesprioit donc, par le Serment qu’ils avoient'prêté , de maintenir les droits 8c l’hon-neur de Geneve , 8c de protéger cetteVille, contre TEvêque 8c contre tous lesautre, ; de vouloir encore dans la fuite,Thonorer de leur affection , comme ilsavoient fait jusqu alors, les conjurant decontinuer l’Alliance, qu’il n’étoit pas d’áil-leurs dans leur pouvoir de, rompre euxseuls, quand même ils' voudroient, puis-que cela ne se pouvoir faire seins la par-ticipation des Seigneurs de Berne, quiétoient une des Parties contractantes, 8cqui en avoient juré Tobservation , aussibien qu’eux.
Le Conseil Général où ils voulurentaussi être entendus, leur fit la même ré-ponse ; Et ce ne fut qu’après d’instantesprières qu’il obtint deux, qu’ils reprissentles Lettres d’Alliance. Mais en mêmeteins, ils produisirent des Lettres de leursSupérieurs, par lesquelles ils ajournoientles Sindics à une Marche, qu’ils dévoientconvoquer à Lausanne le Dimanche deQuasimodo, c’est-à-dire, huit jours aprèsPâques , pour y traiter de la dissolutionde l’Alliance. Les Conseils firent ce qu’ilspurent pour éluder cette Marche , maisils n’en vinrent pas à bout. Elle se tint,Sc elle prononça pour la dissolution.L’on fit plus encore, on envoya trois
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