292 Histoire de Geneve.
■ s en tiendroit là; mais au lieu de cela, il compoíà un Livre
1552. de la vie de Calvin, où il maltraite fort fa réputation: Cecifit mettre au jour à Calvin son Livre de la Prédestination &de la Providence de Dieu , que les Magistrats de Berne nevoulurent ni approuver, ni désapprouver, défendant sagementa leurs Ministres de prêcher au peuple des matières si relevées.Troillet, qui avoit été Hermite, cenfuroit austi ouvertement leLivre de Calvin de l’Institution Chrétienne. Le Conseil luiimposa silence; mais cela n empêcha pas qu'il n’y eut souventdu bruit fur ce point, & des plaintes de la Jeunesse, qui a c-cusoient Calvin d’orgueil & de trop de rigueur.
que le Magistrat en portât un Jugementdéfinitif.
En attendant leur réponse, le Conseilavoit ordonne que Boisée scroit élargides prisons, à condition de ne point dog-matiser, & sous caution ; mais n’en ayantpoint trouve, il fc vit dans la nécessitéd’y rester allez long- tems. Les Répon-ses de Zurich, Berne, & Bâle étant ar-rivées, elles furent communiquées à Boi-sée, qui répondit, qu’il íouscrivoit vo-lontiers , & qu’il aquiefçoit de tout fbncoeur, à ce quelles contenoient. Ellesétoient les unes Sc les autres dans le feusde celle de Berne , dans laquelle les Bal-te u rs de l'Eglife de cette Ville, s’expri-ment fur le sujet dont il s’agit, avec uneretenue , & une sagesse qui leur saitbeaucoup d’honneur. On en pourra ju-ger par quelques traits qui ont paru íìbeaux, qu’on a cru faire plaisir auxLecteurs de les transcrire ici mot à mot.a Tllud tamen ctiam arque etiam viden.w dum este senti mus , disent - île , ne quidSi severius statuante in errantes ; ne d u m«dogmatum puritatem immoderatiùs vin-«dicamus , à régula Spiritus Christi desi-jjciamus ; hoc est Charitatem fraternam5 ,unde Discipuli Christi censemur, ad si-«nistram déclinantes , tranfgrediamur ; A<-«mica Christo Veritas > íed amictc quo-ique funt Christo ovium ipsius anima:,a non modò in veritate sine offensione«ambulantes, fed & per dévia errantes ,„imò h arum curam juxtà parabolam E-
«vangelicam impensiorem , optimtts Tas-«tor gerit ; Scitis hoc ipíi, non docemus«ignorantes , fed admonemus Icientes y«Sic comp.1r.1ti pleruinque fumus , ut«dum f'ummo studio veritatem doctrine«Christi tuemur, id quod in Inijusmodi«dogmatum difïïdiis u su venire solét ,«minus observent us, quid fpiritus cha-«ritatis ac Christian* mansuetudinis re-«quirat, fed fervore ac studio retinen-«d* veritatis , in diversion ab eo quod«Christi Dilcipulos decet abripiamur,«quasi studium fervandx charrtatis, euro«zeio veritatis consistere nequeat ; cùm«utriuíque conjnnctio ex iplîstìmo Christi«(piritu nascatur ; quo , ut nihil est à«ntendacio alienius, ita nihil est ct chari-«tati arque manfuetudini'addictius. Lau-«damus in vobis retinertda: veritatis stu-
«diurn. Simul tamen obfecrantus ut
«cogitetis, quàm si t proclive ad erran-«dum hominis ingenium , rursìis quàm«sit generolum ; ideóque facilitas in or-«dinern mansuetudine fpiritus reducatur,«quàm severitate trahattir : Et ut ad cau-«sam veniamus, de quâ inter vos ct«Hieronymum orra est contentio, clam«vobis non est , quàm mollis illa bonis«viris negotium fecerit, de quibus aliàs
«non adeò malè fentiri potest. Est
«nobis ille prorsùs ignotus, funt tamen«qui praedicant , eum non este virtun«adeò malum. Optaremus & vobis &«illi; ut per Spivitum Christi verâ & fen««teatiarum ct aflectuum consensione con.
junge*.