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Tome premier.
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_ 302 H I ST O lit. S DE G EN EVE.

1558. pressez, quoi-qu’ils ne fe dépouillassent pas pour cela de leursíentimens, entre lesquels étoit Valentin Gentil, qui ne laiíïàpas de dogmatiser. 11 sut mis prisonnier, & disputa devantles Seigneurs contre Calvin, qu’il chargeoit de vouloir op-primer la vérité. Gentil donnoit dans l’Arrianisme h , & sonbut étoit de montrer que l’Lllence Divine n'appartenoit pro-prement qu’au Pere. Selon lavis de quelques Avocats, ilétoit digne de mort ; mais il crût de prévenir même les au-tres

feroit que la rendre mauvaise, en se plai-gnant du procédé des Ministres , íc encontinuant de leur contredire, il prittout d’un coup un parti tout opposé: IIprésenta une nouvelle Requête au Con-seil le j. Août par laquelle il déclaroitqu'il avoir entierement changé de lenti-ment , Sc qu'il avoir trouvé que des per-sonnes aulli sages, & des Juges austi é-clairez que les Ministres , estimant queIon opinion étoit erronée, il devoir plu-tôt, les en croire, quand même ils dor-miroient, & qu’ils songeroient , qu’a cequ’il jugeroit lui-même en veillant; qu'ain-si , il acquiesçoit de tout son cœur à cequ’ils avoient déterminé , Sc leur deman-doit pardon de ce qu’il pouvoir avoirdit, dans la chaleur de la dilpute, d of-fensant contr’eux , & en particulier con-tre Calvin , dont il respectoit infinimentle sublime íc l’incomparable mérite . leconjurant d’accepter ses excuses Sc de lerecevoir en grâce.

Cette rétractation ne parut pas de bon-ne foi: C’ést ce que donna à perler l’ex-prestion ironique qui avoir échapé à Gen-tUìi: Austi n'y eut-on aucun égard, Scle Magistrat , après avoir consulté cinqAvocats , qui décidèrent, que selon lesConstitutions Impériales, aux Titres duCode, de Summà Trinìtate, c '? Fide Ca-tbollcd , & de Hareticir , il devoir être pu-ni de mort, Sc même du suplice du feu,le condamna le i s. Août, à avoir la tê-te tranchée.

Austi-tôt que ce Jugement fut rendu,les Avocats fe repentirent d’avoir décidéd une maniéré si rigoureuse, & prierentle Conseil de suspendre l’exccution de la

Sentence contre Gemitis, jusau’à ce qtt’onpû un peu mieux s'assurer de la sincéri-té de fa repentance. Le Conseil déferaà cet avis : Gentille fut de nouveau en-tendu : II protesta en des termes si forts,devant le Magistrat Sc les Ministres, qu’ilétoit revenu de bonne foi de (ès erreurs,qu’on le crut, Sc qu’il eut le bonheurd’échaper au dernier suplice ; le Con-seil s’étant contenté, comme le dit M.Sport , de lui taire faire amende hono-rable.

h On peut juger des scntimens de Gen-tilit > par ce qui résulta des informationsqui furent prises, fur la maniéré dont ils’étoit expliqué touchant le Dogme dela Trinité II fut convaincu d’avoir dit,que ces mots , Trinité , Ejjence , Hipofta.je > étoient des termes qui ne se trou-voient point dans l’Ecriture Sainte , Scqui ayant été inventez par les Docteurs,pouvoient être rejetiez fans aucun scru-pule- Que pour parler juste sur la na.rure de la Divinité de Jelus - Christ , ilfaloit dire que le Dieu d’istacl, qui estle seul vrai Dieu , Sc le Pere de nôtreSeigneur Jésus - Christ, avoir versé danscelui-ci la Divinité. Que ces idées é-teient puisées dans l’Ecriture, au lieu quecelles de Calvin, Sc les expressions dontil se servoit, n'étoient apuyées que sûrson autorité particulière : Que d’ailleurs,de la maniéré dont Calvin expliquoit leMystère de la Trinité , il en faifoit uneQuaternité ; ce que Gentille expliquoit d*cette maniéré ; Que l’Estence de la Di-vinité selon Calvin , fans aucun égardaux Personnes, étant d’elle - même unvrai Dieu , & que chacune des trois Per-

sonnes