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barbe longue & en pointe, comme on la portoit en ce tcms- 1554.íà, l'esprit vif, la mémoire heureuse, la conversation douce.
II étoit sobre, laborieux, clair & poli dans ses Sermons-,profond dans ses leçons de Théologie & éloquent dans tousles Ouvrages: son Latin étant comparable à celui des plus ha-biles Auteurs de l'Antiquité P. Simon Goulard de Senlis, quiarriva peu de tems après à Geneve, fut mis en la place de
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à ce fameux Colloque de Poí/Jî ; on secontentera de dire que De Bex.e fut re-çu des Princes 6c des Grands SeigneursReformez, qui croient -1 la Cour de Fran-ce , avec beaucoup d’accueil & d’honnê-terez , entr’autres du Roi de Navarre, duPrince de Condé, 6c de l'Amiral de Châ-tillon. 11 eut l'honneur de saluer la Rei-ne Catherine de Medicis , dans l'Hôtel duRoi de Navarre, laquelle lui parla gra-cieusement , 6c lui fit plusieurs questionsfur la maniéré de vivre de Calvin ; furfes occupations , ses Etudes ; fur la na-ture 6c les fonctions de fes Charges ;Que le discours estant ensuite tombé furla Religion, & en particulier fur la Cene,De Bex.e s’étendit à prouver la vérité dusentiment des ReformezQssil fut écou-té de cette Princesse avec beaucoup d’at-tention j Qu’ayant paru frappée de sesraisons , de même que le Cardinal deLorraine , qui étoit présent, il prit cetteoccasion pour faire sentir à la Reine,combien étoit déplorable le fort des Re-formez , dont un si grand nombre avoirsouffert en France les plus grandes per-sécutions, pour avoir soutenu les mêmesvéritez qu’il venoit de défendre en faprésence. Le Colloque fini, De Bez.e res-ta encore en France assez long - tems } laReine de Navarre , le Prince de Condé& l’Amiral de Châtillon ayant prié lesSeigneurs de Geneve , de renvoyer dequelques tems de le rapeller. 11 ne re-vint auprès d eux qu’au mois de Septem-bre de ì’année suivante içtìi.
P M. Spon ne parlant qu'en deux morsde la mort de Calvin , qui eut tantde part à Rétablissement de l’Eglife deGeneve , & une si grande influence dansles délibérations qui regardoient l’Ecat,
6c qui est d’ailleurs si fameux dans toutle parti Protestant, il est à propos d’a-joûter ici quelque chose fur ce qui leconcerne.
On remarquera d’abord , qu’il étoitd’ur.e constitution de corps extrêmementfoible , ôc qui le devint tous les joursdavantage, par le travail immense 6c con-tinuel, qui avoit occupé son esprit pen-dant une longue suite d’années , ce quilui attira diverses maladies violentes ,fous lesquelles on étoit surpris qu’il n’entpas succombé plutôt ; la Migraine , laFièvre quarte, les douleurs de Goûte &de Colique, 6c enfin celles de la Pierre,dont il fut attaqué quelques mois avantfa mort, l’aíHigeant les unes après lesautres. Cependant, au milieu de tousces maux, il ne laifloit pas de conserverla liberté de son esprit, 6c de s’aquitterde ses fonctions ; s’il étoit dans la né-cessité de les interrompre , par la vio-lence du mal, il reparoit, aussi-tôt qu’ille pouvoir, le vuide qu’il avoit laissémalgré lui, 6c dans l’Eglife 6c dans l’A-cadémie. Ses incommoditez ayant con-sidérablement augmenté, en l’année 1563.chacun jugea qu’on ne tarderoit pas à leperdre. 11 prêcha, quoi-que tourmentéd’un Asthme, le 6 . Ftvrier 1564., maisce fut pour la derniere fois : Dès lorsil ne fit plus de leçons publiques: Il pa-rut pourtant encore en Conseil le 17.Mars , pour présenter un nouveau Rec-teur de l'Académie , mais il étoit fi foi-ble qu’il se fit soutenir par deux person-nes. 11 fit fes adieux au Magistrat d’11-ne maniéré fort touchante. Quelquesjours après , il fit son Testament, duquelil résulta , que selon l’estimation qu’ilsa îlot t de tout co qu’il avoit, soit en Li-vres,.