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Tome premier.
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_ 330 Histoire de Geneve.

1588. Le Duc apprenant cette réponse en fut fort indigné, &comme il étoit d une humeur toute bouillante, il ne pût s’em-pêcher de dire que Sixte aimoit mieux répandre le lang desCatholiques à Rome, que celui des Hérétiques dans Geneve.En même tems il écrivit à son Ambassadeur de fe retirer ;que s’il ne pouvoit pas soumettre les Genevois avec les inté-rêts de la Religion , il tâcheron de les combattre avec lesraisons de son épée, auxquelles il n’y avoir peut être pas au-cun Prêtre assez hardi pour s’oppofer. Le Comte d’Olivarez,

qui

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solution étoit prise entre le Pape, lé Roid’Espagne Sc lc Duc de Savoye, d’entre-prendre dc se saisir de Geneve, quoi quela saison fut fort avancée. Que le Papesoudoyeroit, pour cet effet, huit milleHommes, qui seroient commandez parle Sr. Lattno Urfino ; le Roi d’Eípagne qua-tre cens Lar.ccs , Sc seize Compagnies ; &le Duc de Savoye avec ses Alliez , le reste.

U y a beaucoup de raport entre cequ’on vient de dire, avec ce qu’en écri-voit au Roi de France > lc Marquis Pi-sani Ambassadeur de ce Prince, auprès duPape Sixte V. , qui s’en exprime de lamaniéré qu’on va le voir, dans ses Lettresau Roi Henri IIP. Dans l’une, qui estdu 17. Septembre t< 86 . Pisani dit; Que^'entreprise fur Geneve étoit prête, lessadcux Chefs qui dévoient en avoir la^conduite Latino Urfino Sc le Comte den Larne étant fur le point de partir.» Ilajoute; »Que le Pape avoit dit au Car-dinal de Sainte Croix , qu’il étoit refo-s,lu de faire l’entreprise de Geneve, quesJes Espagnols n'y auroient aucune part,D Sc qu’il la vouloir prendre , afin qu’el-»le demeurât à l’Evêque , fans toutefoisafermer la bouche au Duc de Savoye,aauquel il seroit permis de représenter»tout ce qu’il trouveroit à propos fur»ses prétentions, Sc d’en faire prendre con-»noistance , pour lui faire là - dessus laajustice qui lui seroit dûë, Sc que si lesjRoi n’eut été autant embarrassé qu’il—, 1 ’ctoit, par les troubles de son Royau-( me, Sa Sainteté l’auroit prié de lui ai-»der dans ce. dessein 5 Mais qu’elle fe.

acontenteroit, si cela pouvoit contribuer»au bien de l’affaire , que ce Prince fûtad’intelligence avec Elle , pour ne point«s’oposcr à l’exécution de l’entreprise. Sc»qu’Elle ne trouveroit point mauvais»qu’il fit mine de la vouloir traverser ,„si la politique Sc les- menagemens qu’il«lui convenoit de garder avec les Suisses»»exigeoit qu’il le fit.»

Ce même Ministre, dans une autre Let-tre qu’il écrivit au Roi le 7. Octobre, mar-que ; On’il avoit apprit de la propre bouchedu Pape , le dessein que ce Pontife avoit surGeneve, sur lequel il vouloit , uit-il, avoirl’avis de Sa Kíajefié , n’ignorant pat com-bien- grande étoit l’expérìence qu’Elle avoitdans les affaires de la Guerre , qu’il r.rprétendait pourtant pas lui rien demander-qui put porter de préjudice a ses affaires »attendu l’état où il les voyoit réduites à jongrand regret. A quoi Pi/suiì répondit ;jjQue depuis qu’il étoit à Rome, il n’a-aVoit entendu parler d’autre chose, que»de cette entreprise ; que cela brouille-»roit tout le monde, Sc que les Suisses»prendroient les armes. Que là-dessus,Sixte lui dit encore ; Qu’il émit déter-miné à cette affaire, par un principe deReligion , puis - que c'étoit une chose hon-teuse aux Princes Chrétiens , d'avoit souf-fert fi long - tems devant leurs yeux cet-te abomination , au mépris de f honneur -de Dieu ; eir qu’il e fperoit que ce mim*Dieu envoyeroit des Légions d’Anges , pourrenverser toutes les forces qui se voudroient,opposer a un fi religieux dessein.

Pour exécuter ce Projet, le Pape avoit

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