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1589 . 11 y eut des Partis qui en vinrent aux mains, & les Ge-ió.jmiiet. nevois
coup à soutenir le choc. Sur les deuxheures après núdy, le Duc ayant fait a-vancer toutes ses Troupes > les logea (urla hauteur de Pinchat > 11 s’y rencontraen personne avec sa Garde, qui étoitcomposée de huit cens Espagnols, & faCavalerie Milanoise. Ces Troupes, quicroient fort lestes » paroifloient de loin ,soit parce qu’elles croient fur une hau.teur, soit parce qu’elles étoient habilléesde rouge; on les découvrit de Geneve,ce qui donna (alarme dans la Ville. Onenvoya aussi-tôt au lieu du combat, toutle secours que l’on pût : Le Capitaine Bois,à la tête d’une Compagnie de Cavalerie,dont il étoit Lieutenant, & suivi de quatre-vingts autres Cavaliers, sortit du Fort d’Ar-vc, Sc après que le Ministre Chandieu, quise trouva alors en ce lieu-lá » leur eutfait la Priere, ils résolurent de donnersur quelques Troupes d'infanterie enne-mie , qui s'étoient logées derrière cer-tains buissons ; Et au lieu daller à cesgens-là par le droit chemin , Bois pritune route détournée le long de l’Arve ,& après avoir fait cinq cens pas de che-min , il rebroussa tout d’un coup « Scvint environner de tous cotez cette In-fanterie , qu’il tailla en pieces ; de fortequ'il ne s’en sauva pas un seul. Ensuiteil passa plus avant , s'avança julqu’aupied du Coteau , d oit il somma les Mi-lanois de descendre, pour combattre :Mais ceux-ci n’ayant pas envie td’en ve-nir aux mains , firent aprocher des Pi*quiers, qu’ils placèrent devant eux, pourles défendre avec leurs Piques croisées ,au cas que la Cavalerie Genevoise eutvoulut les attaquer. Elle essuya cepen-, dant un rude feu de la mousqueterieennemie , postée dans les Vignes de Pin-chat , dont il n’y eut pourtant que troisou quatre de tuez , Sc une vingtaine deblessez. Ce Choc, plus furieux qu'au-cun des précedens » dura depuis deuxheures jusqu’à quatre. Les Savoyards a»voient pointé fur le Coteau, deux Fau-conneaux , dont ils tirèrent plusieurscoups, fur tout fur la fia de faction,
qui ne firent pas grand effet-; au con-traire , les Genevois se servirent avecsuccès de deux petites Pieces de Cam-pagne, qu’ils firent amener jusqu’au der-nier Retranchement sur le Fort, desquel-les ayant tiré quelques coups fur lesTroupes ennemies , elles se retirèrent enfin , Sc reculèrent du côté du Village deSaconay delà d’Arve. La perte des Ge-nevois dans cette journée , ne fut entout que de quatre ou cinq Cavaliers,de huit Fantassins, & de quatre prison-niers , pris par l’ennemi. Au reste, lenombre des Combattans fut fort inégal,l’Armée de Savoye étant de près de sixmille hommes ; & les Genevois, aprèsque toutes les Compagnies, qui vinrentles unes après les autres , furent jointes ,ne s’étant trouvez que six à sept censcombattans : Aussi reconnut - on dansGeneve , que la Providence Divine avoirveillé d’une maniéré toute particulière á cetévenement : Gn en rendit à Dieu de so-lemnelles Actions de grâces , dans tousles Temples. Pour faire voir de quellemaniéré les Historiens de Savoye parlentde cette affaire, on raportera ici ce qu’endit Guichcnon. «Le zi. Juillet, jour de«la Magdelaine , Charles Emanuel fit at-taquer de nouveau le Pont d’Arve , si» vigoureusement, que les Savoysiens Sc2 les Genevois demeurèrent long-tems«mêlé; & si la Cavalerie Espagnole eut«voulu donner, il est certain que le Pont«eut-été emporté; car les Genevois pour«sauver la Ville, eussent été contraints«d'abandonner le Fort, Sc peut-être que«ce poste ayant été enlevé, Geneve se«pouvoit prendre dans cet effroi. Mais«Dom Christophe de Gutvara , qui com-«mandoit cette Cavalerie , ne voulut ja-«mais s’avancer , disant pour son excuse;s>Qt£U avoit ordre de fa Majesté CiRo-xlique , de s'emploier à la défense de lanVerlonne , çir des Etats de Son ^ilteffe ,n <£r non sas d?entreprendre de nouvelles«conquêtes , ni de rompre avec les Suisses',«Sc par là le Duc commença de connoi-«tre la politique des Espagnols *.
* Guiche-non, Hist.de Savoye,Tom. I.pag. 7 »i.
» La