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La mort de Henri III. qui arriva dans ce tems-là °, rem-plit de hautes espérances le Duc de Savoye , qui avoit degrandes intelligences en Provence. Il voulut premierement ter-miner cette guerre de Geneve, & marcha avec une puissan-te Armée contre Bonne, gardée par trois Compagnies de Fan-tassins. Les Suisses ne se sentant pas assez loris pour déga-ger les assiégez, se tinrent en repos, & la place ayant été bat-tue de deux cens coups de Canon , la Garnison se rendit
grand, à une lieuë de Geneve : Elle pas-sa ensuite par cette Ville le rz. Août,composite de trente - neuf Compagnies .après avoir évacué le Chablais 8c le Fau-cigni. Après quoi, elle prit la route duPaïs-dc-Vaud, à la réservé de deux Com-pagnies qui restèrent dans le Bailliage deGex, pour le conserver.
o Ausiî-tôt qu’on eut avis dans Gene-ve , de la mort du Roi Henri III., onécrivit au Roi de Navarre son Succes-seur, pour le féliciter de Ion avènementà la Couronne de France , & l’informerde la situation des affaires de la Répu-blique. On reçût quelque tems après ,réponse de ce Prince, par laquelle il pro-menoir de lui fournir du secours, le plu-tôt qu'il seroit possible > 8c qu’il ratifie-roit le Traité que le Sr. de Sand avoitfait. II envoya en même tems, le Sr. deLurbigni, Gentilhomme très expérimentédans le métier de la Guerre , pour rési-der de fa part dans Geneve , 8c l’em-ployer à ce qu’on trouveroit à propos.On lui donna la Charge de Général desTroupes , qui étoient au service de laRépublique , laquelle Ami Varro, qui sa-voir exercée avec distinction , depuis ledépart de Sand , souhaita de résigner.On assigna à Lurbìgni des apointemensfort honnêtes. Les Savoyards pensant àreconquérir le Pais de Gex, après quel’Armée de Berne se fut retirée -, 8c Diei-bach , qui commandoit les deux Com-pagnies Bernoises qui gardoient ce Pais,ayant donné avis au Conseil de Geneve,de l’aproche de celle de Savoye, dontune partie avoit déja paru à Chanci,8c demandé qu’on lui envoyât quelquesCompagnies de secours , pour lui aider
épées
à empêcher l'entrée de fennemi, on luiaccorda d’abord deux Compagnies d’Iu-fanterie , commandées par les CapitainesAdenot 8c Guignes, 8c une de Cavalerie.Ce secours vint fort à propos. Les Sa-voyards avoient passé en allez grand nom-bre, le Rhône au Pont de Greizin ; 8caprès avoir gagné le haut de la monta-gne, qui est au-destiis de Farges, ils l’a-voient descendue ensuite , comptant dese pouvoir rendre facilement maîtres detout le Pais ; Mais ils trouvèrent dansce lieu là , plus de résistance qu’ils n’a-voient cru : La Compagnie de Guigner,qui s’étoit postée près de là , étant ve-nue au secours des Bernois, qu elle trou-va aux mains avec les Savoyards , 8cayant chargé ceux-ci si vertement, 8c sià propos , qu’ils furent mis en fuite,après avoir perdu un nombre considéra-ble des leurs. Diesbach , qui craignoitd’être attaqué de nouveau , écrivit auxSeigneurs de Geneve, pour les prier delui envoyer encore quelques secours: Onlui accorda fa demande ; on fit partir in-continent une Compagnie d’Infanterie, 8eune de Cavalerie, celle-ci fous les ordresdu Capitaine Mongin.
La troupe qui étoit entrée dans le Paisde Gex, 8c qui avoit reçu l’échec donton vient de parler, n’étoit qu’un déta-chement de l’Armée du Duc de Savoye.Peu de jours après, cette Armée entierel,ayant ce Prince à fa tète , pénétra dansce même Pais par le Pont de Greisin :Il força les Troupes de Berne 8c de Ge-neve, qui étoient campées à Colonges ,8c s’étant fait jour de cette maniéré, ileut bien-tôt repris tout le Bailliage , quifut ensuite pillé & saccagé,
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