_368 Histoire de Geneve.
1590. Les Genevois 3 âpres la prise de Gex & de quelques autrespetites Places, résolurent d’attaquer auíïì ceux du Château dePierre, qui leur faisoient souvent des insultes. Lurbigny étantdonc sorti avec quelques Troupes, il y eut une cinquantained’Argóulcts qui poussèrent les premiers, & rencontrèrent une16. Avril, trentaine d’Arquebuziers de la Cluse , vers le Village deLarges: Ils a voient enlevé la Cloche du Temple qu’ils payè-rent cherement; car les Argoulets les poussèrent si vigoureu-sement, qu’à peine en échapa-t-il 4. ou 5. les Genevoisn’ayant eu qu’un de leurs Sergens blessé. D’Arscne qui com-mandoit le Château de Pierre, fit mine de les secourir ; maisvoyant arriver les Troupes fur lui, il se renferma, & se ren-dit deux jours après, fans avoir fait grande résistance.
Lurbigny, profitant de cette occasion favorable, forma des-sein fur la Cluze. II envoya pour cet effet trois Compa-gnies au-delà du Fort, pour fermer les passages. II pla-
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que ce qu’il en faloit, pour la provisiondes particuliers, & en employer le pro-venu aux nécessitez publiques, en en te-nant compte à ces mémes particuliers.On fit payer à tous les débiteurs de laSeigneurie , ce qu’ils pouvoient devoir.On se servit des deniers des Pupilles dé-posez en Justice; on reçût de la Marchan-dise , des Pierreries, de la Vaisselle d’ar-gent, de tous ceux qui en voulurent prê-ter; on mit fous contribution les Baillia-ges de Gex, de Ternier, & de Gaillard.Enfin l’on taxa tous les particuliers dela Ville , à proportion de leurs biens; &on leva de cette maniéré, par voye d'em.prunt, une somme de trois mille Ecuspar mois.
Outre l’argent, qui est le nerf de laguerre , on avoir besoin de bras pour sedéfendre. La grande ressource pour avoirdu monde étoit du côté de la France ;Sanci & SlUeri en faisoient esperer depuislong-tems , fans que les paroles qu’ilsdonnoient à cet égard fuffènt suivies d’au-cun effet. Le Roi, pour engager les Ge-nevois à prendre encore patience, leur
saisoit écrite par son Ambassadeur enSuisse, des Lettres très obligeantes: lisen reçurent une de ce Ministre le 21.
Avril, qui portoit; «Que le Roi son Mai-B tre lui avoir donné des ordres exprès«de leur mander, qu’il étoit fâché, de«n’avoir pas pu leur envoyer encore du«secours. Que cependant, ils ne dévoient«pas avoir regret à cela , puis que les«Troupes qu’il destinent pour leur défen-«se, avoient été si utilement employées;
«qu’elles avoient contribué à lui faire
«gagner une signalée victoire *, qui leur * Oétoit
«laisseroit cette douce satisfaction, d’avoir celte d’Ivri..
«obligé d’une'manicre plus particulière, ce
«grand Roi, & d’avoir eu par là, part à la
«gloire Sc aux merveilles de son assermisse-
«ment fur le Thrône de France; Que cepen-
«dant, nonobstant les grandes affaires
«qu’il avoir fur les bras, il ne laisseroit
«pas de penser à eux & de donner des
«ordres, pour qu’ils fussent incessamment
«secourus, de la maniéré que le méri-
«toit leur constance, & la fermeté avec
«laquelle ils s’étoient soutenus julqu’a-
»lors, contre de si grands dangers.