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courut «sabord aux armes. Le Colonel Dieípach, suivi dequelque Cavalerie, s’avança vers Rolle , où les Barques fai-soient chemin terre á terre. Il n’y put néanmoins arriver si-tôt que les Savoisiens n’eusscnt déja saisi une Barque, dontils s’apprêtoient de partager le butin, à la faveur dune tren-taine d’Arquebuziers, qu’ils avoient mis à terre. Mais voyantarriver fur eux des gens dc tous cotez, ils lâchèrent prise,& fe contentèrent d’emporter quelques Fromages & autres vi-vres , pour une cinquantaine d’Ecus. Us fe retirèrent en dé-sordre; mais à faute de Batteaux, on ne put les poursuivre,& il y eut feulement deux des leurs tuez. Et Geneve re-mercia fes Alliez de Nion de leur prompt secours.
11 ne fe passoit guercs de semaines fans quelque hostilitésemblable entre les deux Partis. Le Capitaine la Guiche,qui commandoit pour Geneve au Château du Crest dans laSouveraineté de Jusly, étant allé à Doveine & aux Villages
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S. qu’il feroit bien cruel, après qu’cn lesauroit faites, de le voir, nonobstant ce-la , enlever par l’ennemi, comme la cho-se lui feroit très aisée, les Savoyards é-tant maîtres, comme ils l’étoient, du Wa-che, & de tous les environs du côté duchemin de Lion.
Le premier sentiment l’emporta. Maisles ennemis étant entrez dans ce tems làdans le Pais de Gex, par l’endroit dc lamontagne , que le Capitaine d’ Fsg&lonavoit laissé ouvert, il ne fut plus ques-tion de penser à conserver la Cluse. Lur-bìgni non seulement en retira la petiteGarnison qui étoit dedans , mais il fitreprendre en même tems la route de Ge-neve à toutes les Troupes. Ce fut le n.Mai que se fit cette retraite. Elle fut unpeu précipitée , sur le raport qui avoitcté sait, que les Savoyards étoient aunombre de quatre mille hommes & decinq cens Chevaux, quoi-qu’ils ne fulTentpas le quart de ce qu’on vient de di-re, comme on l’aprit depuis, Dès queLurblgnt fut de retour à Geneve, on luitémoigna quelque chagrin de ce contre-tems i De quoi ii le justifia, fur i» né-
cessité où il se vir de sauver les Trou-pes , lesquelles ayant été renfermées en-tre le Rhône & la Montagne, les Sa-voyards les auroient infailliblement tail-lées en pieces , étant en auíïì grand nom-bre qu’on lui avoit raporté qu’ils étoient.s’il ne les eut promtement fait retirer.Quand on vit que les choses n’alloientpas comme on les avoit dites d’abord,le Conseil fort fâché d’avoir perdu uneconquête de l’importance de la Cluse,presque ausli-tôt qu’elle avoit été faite,auroit voulu qu’on fut allé incessammentreprendre ce Fort : Il le témoigna à Litr-bivni ■■ L’afsaire sut portée dans le Con-seil de Guerre, mais elle parut, d’un cô-té très difficile ; & de l’autre, on sentitque quand même la Cluse feroit reprise,cela n’aboutiroit à rien, parce qu’elle se-roit auffi-tôt reperdue.
A l’égard de celui que M. Spon apel-le d 'Elçaìt/on , Sc qui est nommé dansles Regîtres publics De Gaillon , on ajou-tera ce qui fuit , fur ce qui le regar-de ; Qu’il fut convaincu d’avoir mal gar-dé le passage de la montagne , au des-sus 4e C rosit, qui lui avoit été confié:
1590.
29. Maj.
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