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___ 378 Hl STÒ I R E DE GENEVE.
1590. de Rolle, pour passer tout d’un coup au rivage opposé à la* petite Ville d’Evian , sur laquelle on avoit dessein. Maisceux d’Evian ayant eu le vent de la Camisade qu’on leurvouloir donner, se renforcèrent de cinq Compagnies, ce queles embarquez ayant découvert, ils se remirent à la voile, &s’cn revinrent fans avoir rien fait. Les Frégates firent néan-moins ensuite quelques courses fur le Lac, & en rapportè-rent du butin.
xy . sept. A la mi-Septembre, les ennemis ne paroissant point, on crutqu’ils s’étoient retirez, outre que des Faisans apostez, ou tropcrédules, assuroient la Seigneurie qu’il n’y avoit pas dans toutle Faucigny trois cens Fantassins & cent Chevaux. Sur quoiil fut résolu d’aller vendanger à demi-lieue de Bonne : Maisun espion en étant allé porter l’avis au Baron d’Hermance,celui-ci dépêcha promptement à toutes les Garnisons j deiorte, que la nuit suivante se rendirent auprès de lui, deux censChevaux & cinq cens Fantassins , avec lesquels, y joignantquelques Garnisons, il fit dessein de se tenir en embuscade,& d’invcstir les Genevois, après quils seroient chargez devendanges.
Ceux-ci pensoient autant à leurs ennemis que slls eussentété à trente lieues de là, & ils s’imaginoient ces vendangessi faciles, que bien que le Baron de Conforgien eût la pré-voyance de donner les ordres pour y aller, avec le plus deforces qu’il pourroit, afin de se défendre en cas de besoin,is- sept. la plupart ayant dormi à leur aise cette nuit-là, fans songerà leur équipage, ne se trouvèrent pas prêts. De forte, quel’efcorte des Vendangeurs, fut feulement de cent cinquanteFantassins & cent trente Cavaliers , qui partirent avec lesCharrettes & les Tonneaux , entre les 6. & 7. heures dumatin , fans penser à se battre , accompagnez de plusieursPaïfans pour faire la vendange , qu’ils achevèrent fans em-pêchement. Cependant le Baron d’Hermance vint durantqu’ils étoient occupez à leur travail, par des chemins cou-verts, fe saisit des avenues, logea huitante Mousquetaires
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