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Tome premier.
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382
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1589 -

* Ce Prin-ce leva leSicge de de-vant Parisle^o.Aout,C* tentaensuite inu-tilementune escala-de contrecette Ville -là.

382 Histoire

» encore remedier aux maux de la Re-«publique , comme il l’auroit souhaité, &«aussi promptement que le demandoit«l’e'tat violent où les Genevois se trou-«voient, qu’il ne pouvoit en entendre par-«ler qu’avec la pilic & la douleur que,,méritent la bonne volonté d’un Peuple»5 ,qui lui étoit autant affectionné, Sc qui«souffroit avec tant de constance. Qu’il«avoit toujours compté de pourvoir aux«besoins d'une Ville qui lui étoit si che-«re, d’une maniéré plus efficace, après«qu’il se seroit rendu Maitre de Paris,„de quoi Dieu avoir disposé autrement«pour lors *. Que cependant, nonobs-tant ce contretems, la premiere chose«à quoi il avoir pensé depuis, savoir été«aux affaires de Geneve , & d’envoyerS dans cette Ville, le Sr. de Guitri avec«des forces suffisantes, pour faire la guer-„re de fa part, aux ennemis communs.11 écrivit en mçrae tems aux Seigneursde Berne, pour les prier de ne pas trou-ver mauvais le retardement d u secours,& dé faire tout ce qui dépendroit deux,pour mettre à la raison le Duc de Sa-voye.

Le Sr. de Guitri s’étoit effectivementmis en chemin, à la tête de quelquesTroupes, dans le dessein de s’aprocherde Geneve ; & il étoit même venu jus-qu’à Langres , d’où il écrivit , qu’encorequ’il n’eut trouvé aucun argent dans cet-te Ville, pour les faire passer plus loin ,xomme il avoit compté d’en trouver,il ne laistèroit cependant pas de fairetous ses efforts, pour leur faire conti-nuer leur route, remettant ati choix desSeigneurs de Geneve , ou de faire venirces Troupes , pour servir autour de leurVille , ou de leur laisser prendre la rou-te de la Bresse , pour y faire une di-version. Quoi -qu’on eut besoin de se-cours , on se saisoit quelque peine d’enavoir un , qui sut un peu nombreux,parce qu’on n'avoir , ni de quoi nourrirles Soldats , ni de quoi les payer. Etfur ce principe , on lui r’écrivir d’abnrd,qu’on préférois la diversion en Bresse.Cependant le Conseil de Guerre ayantdélibéré derechef là-dessus , on trouvaqu’il vaudroit mieux que Guitri avec sesTroupes vint à Geneve, Sc afin qu’ellesne fùfient pas à charge à la Seigneurie,«n écrivit à l’Ambassadeur de France,

de Geneve.

pour le prier de faire venir en ce cas là,des Munitions Sc des Vivres , pour lesnourrir , Se de pourvoir à leur solde.

Soit que l’Ambassadeur n’eut pas dequoi fournir à l’entretien de ces Troupes,soit par quelque autre raison , on ne lesfit point partir pour lors pour Geneve.Mais si on n’eut pas les Troupes de Gui-tri , on en eut d'autres qu’avoit promi-ses depuis long - tems Nicolas de HarlaySanci, Sc qui arrivèrent avec ce Généralà Geneve le ra. Decembre. On le re-vit avec plaisir dans cette Ville , Sc onlui fit de grands honneurs. On s’atten-doit à fa venue Sc à celle des Troupesqu’il amenoit, depuis le commencementdu mois , qu’il en avoit donné avis, deBále. Chevalier, Lieutenant, Sc De Cha-feaurouge, ancien Sindic , lui allèrent àla rencontre au dehors de la Ville, à latête de quelques gens de pied Sc de che-val , & on le salua du Canon , à son en-trée par la Porte de Cornevin. Aussi-tôt qu’il fut arrivé, deux Sindics lui al-lèrent faire compliment de la part duMagistrat, auxquels ayant témoigné qu’ilsouhaitoit d’avoir audience du Conseil ,elle lui fut accordée le lendemain,- y ayantété introduit, il y fit le Discours suivant.

Magnifiques Seigneurs ,

«Ceux que vous avez ci - devant dé-«putez en Allemagne Sc autres lieux, où«j’ai eu le bien de les voir, vous"pen-te vent avoir raporté le soin que j ai toû-«jours eu , de vous soulager dans cette«Guerre, de laquelle je fuis l’Auteur,«lequel a été plutôt accompagné de de-«sirs, que de moyens. Je fuis venu ici,«non par permission du Roi, mais com-«me vôtre ami, pour vous offrir ce qui«peut dépendre de moi. Vous avez juf-«ques à présent aquis tant d’honneur Sc«de gloire , dès le commencement de cet-«tc Guerre , qu’encore que vous ayez«beaucoup souffert, vous n avez pas ma-«tiere d’y avoir regret, encore moins en«aurez vous ci-après, puis-que je vous«puis assurer, que les moyens de la íòu-«tenir ne vous manqueront pas.

On remercia le Sr de Sanci , le plusobligeamment que l’on pût, de son af-fection pour la République. 11 s’expli-qua ensuite d’une maniéré plus particu-lière à quelques uns des principaux duCotfscil qui lui firent visite. 11 leur dit.

que