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Tome premier.
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_3 S 4 Histoire ï>e Geìjevï:

591. Buringe fut assiégé par l’Armée du Roi & de Geneve, com-posée

neve, de ce long voyage. Ce n’étoitpas la premiere fois qu’on s’étoit tournéde ce côté là pour être assisté de quel-ques deniers. La République ayant faitde grandes dépenses en l’année 1 ;8--,an sujet des agitations, où elle se ren-contra alors, Maillet , qui tut envoyé enAngleterre , en raporta cinq mille livressterling , qu’il recueillit par le moyend une collecte, que la Reine Elizabeth a-voit permise. LeB avoit informé à di-verses fois le Conseil par Lettres, de cequ'il avoit fait auprès de la Reine , &lors qu’il fut de retour, il en fit un ré-cit plus circonstancié encore. 11 raportatine Lettre fort obligeante de cette Prin-cesse aux Seigneurs de Geneve. 11 enavoit eu audience plus d’une fois : Dansla premiere, qu'il ne put avoir que long-tems après son arrivée ,' après avoir in-formé la Reine de l’état où se rencon-trent la République , Sc lui avoir fait undétail de tout ce qui s’étoit passé depuisle commencement de la Guerre ; discoursdont la conclusion étoit de recomman-der cette même République à la benefi-cence de Sa Maiesté ; Elle lui réponditd’une maniéré fort gracieuíe ; xQiselle«aimoit extrêmement la Ville & l'Eglise«de Geneve , tant à cause de l’attache-«ment qu’elle savoir que les Genevois«avoient pour son service , qu’á cause„de la constance Sc de la fermeté avec«laquelle ils tenoient bon pour la paro-die de Dieu; mais qu’clle craignoit beau-«coup de ne pouvoir pas pour lors sui-«vre son inclination, à cause des dépeu-ples extraordinaires qu elle avoit été obli-gée de faire auparavant , & de celles«qu’elle a tiroir encore à soutenir dans la«fuite, desquelles elle lui fit le détail.Comme cette Princesse étoit d’un accèsfort facile, elle ne trouva pas mauvais,que LeB répliqua à ce qu’Elle lui avoitd’abord répondu. II prit donc à tâchede lever l une après l’autre , les distìcul-tez qu elle lui avoit faites , Sc de lui fai-re trouver aisé ce qu’elle regardoit com-me impossible. Lá-dessus, elle ne lui répon-dit rien de positif ; elle se contenta delui dire - que son Conseil auquei elle par-

leroit de cette affaire , lui feroit savoirson intention. Quelques jours après,Walfîntbam Sécrétaire d'Etat, dit à LeB\«Que la Reine ne pouvoit pas assister«de íès propres deniers , la Ville de Ge-«neve , par les raisons qu’elle lui avoit«dites ; mais qu elle lui accorderoit la«liberté de faire une Collecte dans son«Royaume, sous la direction de l’Arche-«vèque de Cantorberi.

Cette Collecte ne fut pas fans succès:A mesure qu’elle produisoit quelque som-me , LeB en faifoit incontinent compterl’argent dans Geneve. Ce qu’il retirad’Angleterre, par cette voye, monta entout à la somme de près de onze milleflorins d’AUemagne , c’est-à-dire , de plusde cinq mille Ecus. On auroit bien sou-haité qu’à ce secours , la Reine eut jointquelque libéralité considérable de fa part.On donna pour cet effet , de nouveauxordres à LeB, au mois d'Août, de Tan-née t îpo. Pour s en aquitter, il se pré-senta de nouveau devant cette Princesse;Il n’obmit rien de ce qu’il crut capablede la gagner , -mais il ne put rien obte-nir : Elle accompagna le refus qu’elle fitde maniérés si obligeantes , que le Dé-puté de Geneve, ne laissa pas de se re-tirer content, d’auprès d’elle. Après luiavoir fait diverses questions fur l’état desaffaires de cette Ville, elle dit ; «Qifel-«le étoit fâchée de se trouver dans une«situation à ne pouvoir pas faire à une«Eglise qui faifoit tant d’honneur à la«Religion , tout le bien qu’EUe souhaí-«teroit; QisElle étoit chargée de prodi-«gieufes dépenses , soit pour la fureté de«ses propres Etats , soit pour soutenir«ceux de ses voisins, entr’autres le Royau-»me d’Ecolse , & les Provinces unies des«Païs-Bas , soit principalement pour lc-«courir le Roi de France ; Que pour four-«nir à tout cela , Elle étoit elle même«aux emprunts. Enfin , qu en travaillant«pour la France , comme elle faifoit, elle«estimoit travailler pour Geneve. Ellefinit par lui souhaiter un bon voyage,

Lc le prier de faire prendre en bonnepart à ses Supérieurs, ses excuses, & defaire en forte, qu’ils ne lui fissent pas