_ 438 Histoire de Gèneve.
J 602. s 'e(l précipité du haut des murailles en bas ; de forte que flu-sieurs font morts ou grièvement blessez,. C est une délivrancemerveilleuse de notre Dieu , de laquelle nous avons un sujetparticulier de le louer. Mais comme il ri est pas vraisembla-ble que ledit Sr. dtAlbigny ne pouffe plus outre fa mauvaise vo-lontés vu mème que nous entendons que <5. A. riest pas loin cti-ci : nous vous prions dr requérons de toute notre affection , qu ilvous plaise faire une juste considération du préjudice qu'appor-ter oit la pris de cette Ville au service de Sa Majesté, con-tinuer votre faveur envers nous , (f nous aider de votre sagedr prudent avis .
Le
qu’on avoit avis que les Troupes enne-mies vouloient aprocher de la Ville, &que ce Capitaine lui raporta, après avoirpose sa Garde, qu’elle e'toit bonne & leste. 11 dit auílì qu’il avoit pourvu d'ti-ne Patrouille de six hommes , pour ledehors, auxquels il avoit ordonné de fai-re de fréquentes rondes le long des mu-railles , depuis la Porte de Rive jusquesau Rhône, vers la Corraterie. Qu’il a-voit établi un Corps-de-Garde dans laMaison de Ville, duquel il avoit mêmeaugmenté le nombre de dix à douze Sol-dats , au-delà de ce qu’il étoit composéà ['ordinaire. Qu’il avoit ordonné onzeRondes, fourni de bons Caporaux , Sccommandé à tous de bien veiller & decroiser les rondes. II dit encore, qu’ayantapris fur le soir du jour qui précéda l’Escalade , que quelques particuliers de JaVille a voient été pris par les Savoyards,il en avoit donné avis au Premier Sin-dic, Sc lui avoit même offert de sortirde la Ville avec cinquante Soldats, à latête defquels ils se mettroit pour se fairerendre ces prisonniers ; mais que commeles Portes étoient déja fermées , ce Ma-gistrat n’avoit pas trouvé à propos qu’onles r ouvrit , pour faire cette sortie, Scqu’il avoit dit, qu’on pourroit aviser lelendemain à ce qu’il y auroit à faire àcet égard : Enfin , B lande l pria le Conseild’être persuadé , qu’il n’y étoit point al-lé de fa faute dans toute cette affaire,Sc qu'onne pouvoit pas, fans lui faire
tort, l’accuser de paresse ou de négli-gence.
Après qu’il se fut justifié de la manié-ré qu’on vient de se dire, il sortit pourlaister 1e Conseil en liberté d’opiner furson compte ; mais n’ayant pas paru qu’onlui pût rien reprocher, il fut rapellé furle champ même. II fut disculpé une se-conde fois par le Conseil des Deux Centfur la mcme affaire « au commencementdu mois de Mars suivant, fur de nou.veaux scrupules, qui furent alors élevezcontre lui.
Dans ce tems-ci, 1e Maréchal de Bouil-lon arriva dans Geneve, allant vers l’E-lecteur Palatin son Beau - frere ; on luifit faire compliment en son Logis, de lapart de la Seigneurie, par trois des prin-cipaux Magistrats. La présence d’un hom-me d’une qualité si distinguée, Sc qui é-toit en état de donner de salutaires con-seils pour la garde Sc la défense de laVille, fit beaucoup de joye au Peuple,dans ses circonstances où l’on se trouvoit.II y resta jufqtt’au cinquième Janvier deTannée suivante.
On ne se contenta pas d’avoir écrit auRoi de France , fur l’évenement du 12 .Decembre : On députa à ce Prince, pourl’informer plus particulièrement de ce quis’étoit passé, Sc 1e prier d’accorder à laRépublique , dans cette circonstance, sessecours dont elle pouvoit avoir besoin.Dauphin fut choisi pour cette fonction,Sc partit 1e r-, Decembre.