Band 
Tome premier.
Seite
445
JPEG-Download
 

Livre III. 445_

Cette Harangue du Comte de Tournon ouïe par le Conseil 1603.de Berne j ne l’appaisa point. Au contraire, il le renvoya avecle Secretaire fans réponse , & s’ils ne se fussent promptementretirez, peut-étre que le Peuple, méprisant tout respect, lesauroit maltraitez, tant cette action lui paroissoit odieuse. Auístdit-on quelle fut condamnée de toute l’Europe, & même duPape. Le Duc de Bouillon passant en ce tems-lá par Gene-ve a , en voulut apprendre toutes les circonstances, & voirles endroits où ils avoient passé, & fait effort.

K k k 3. Ce-

*Pag. 458

tutx Noteí

'/-■s,

' On 1 parlé ci - devant * du passagedu Maréchal de Bouillon par Geneve.

Auílì-tôr que le Comte de Tournon eutfait à Berne le Discours raporté par Mr.Spon , lequel il remit par écrit, les Sei-gneurs de ce Canton en envoyèrent unecopie à leurs Alliez de Geneve ; ce quidonna lieu à ceux-ci de députer à Ber-ne , Jaques Leïï Ancien Sindic, 6 c Daniel ífils de Michel Roses , du Conseil des Soi-xante , pour y répondre, Sc prier ce Can-ton, de même que celui de Zurich, oùils avoient ordre d aller ensuite, de se-courir la République, dans les circonsitances de guerre où elle se rencontroit,à forme des Alliances. L’audience auSénat de Berne leur ayant été accordée,Lecí y fit un Discours très- pathétique,Sc n’eut pas beaucoup de peine á per-suader les esprits, du peu de solidité decelui du Comte de Tournon , de memequ’à Zurich où ces Députez furent en-suite. Sur leurs représentations les deuxCantons Alliez résolurent d’aísembler àA ra 11 pour le 20. Janvier, une Diette desVilles Evangéliques , où les Députez deGeneve feroient entendus , ce qui futexécuté. II y fut arrêté de fournir auxSeigneurs de Geneve, mille hommes desecours , savoir six cens de Berne, en ra-pellant les cinq cens hommes du Païs--■‘ 9 r de-Vaud, que les Baillifs voisins de Ge-neve avoient envoyez en cette Ville d'a-bord après l’Escalade , & quatre cens deZurich, & que les Cantons Protestans é-criroient aux Cantons Catholiques, pourles détourner de donner aucun secoursLU Duc de SaYoye.

Le Secours arriva dans Geneve, le f.Fevrier, ïlolirjialb commandoit les qua-tre cens hommes de Zurich , & D’Erlachles six cens hommes de Berne, lis eurentAudience le même jour du Conseil ordi-naire, auquel ils présentèrent les Capitai-nes 5 c les autres Officiers du Secours.Ils déclarèrent que ces Troupes étoientdestinées, non seulement pour garder lesMurailles de la Ville , mais aussi pourservir au dehors, en d'autres occasions,,qui pourroient être jugées nécessaires parle Conseil de Guerre des trois Villes.

Dès qu’on eut apris que ce Secours de-voir arriver, l’on commença à faire quel-ques coursés fur le Pais ennemi. Lapremiere le fit le Z. Fevrier du côté deSt. Julien, Sc de celui de Cholex. Deuxjours après , 'Jaques De la Maifonneuveeut ordre daller enlever tous les Bateauxqu’il pourroit trouver le long du Lac,qui appartiendroient aux Savoyards : Aquoi il réussit heureusement, ayant ame-Qé avec lui quatorze Barreaux petits ougrands. Dans cette expédition , il mitaussi les Habitans du Chablais fous con-tribution.

Dès le 8 - de Janvier » on avoir établiun Conseil de Guerre, composé de sept ouhuit membres, tant duPoit que du GrandConseil. De Villars, Commandant desTroupes qui étoient au service de la Ré-publique, ôc qui avoir des Apointemensde cent cinquante Ducatons par mois, ydevoir assister. Après que les Compa-gnies de Zurich Sc de Berne furent arri-vées , leurs Capitaines en furent aussiMembres , Si le Ççnseil des Deux Cent

régla*

e

\

O