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Duc saisoît de grands préparatifs de guerre pour fondre fur I6IO»Geneve, comme le bruit en couroit. Les Eglises Protestan-tes de France y envoyèrent secours d’hommes & d’argent, ceque la Reine trouva mauvais : mais Anjorrant, Député deGeneve à la Cour de France, lui remontrant que par le I6n.Traité de Soleurre, il étoit porté que S. M. permettoit à íèssujets qui profesloient cette Religion, de secourir Geneve, deleurs personnes & de leurs moyens, cela la satisfit. Alors yarrivèrent M. de Soubize de Ja Maison de Rohan, M. de Be.thune Neveu du Duc de Sully, le Sieur Desmarets fils de lafemme du même Duc, & quantité d’autres Seigneurs & Gen-tilsh<5mmes fort lestes. M. de Bethune y traça des Fortifica-tions vers Saint Victor & vers S. Paul, près des BoulevardsS. Antoine & le Pin, y conduisant des Tranchées. Le Car-dinal de Joyeuse allant alors à Rome en qualité de Protecteurdes Affaires de France, fut chargé très expressément par la Rei-ne, de représenter au Pape Paul V. l’interêt que la Franceprenoit en la conservation de Geneve & du Païs-de-Vaud, &
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complimenter fur ce triste évenement,l’Ambastadeur de France. L’on écrivitau Roi & à la Reine Regente , des Lettresfur ce sujet. Anjorrant étoit alors Dé-puté à la Cour ; comme il devoir re-venir incellamment à Geneve , il avoirpris congé d u Roi le jour même que cePrince fut astafîwé ; Il en avoir été re-çu avec beaucoup de bonté ; Asiurex. Mes-sieurs de Geneve, lui dit Henri IV., queje ne quitterai jamais mes anciens Servi-teurs pour de nouveaux Amis , lesquels jtne cannois encore bien• Et encore que vousne soyex. mes Sujets , jt vous maintiendraicomme fi j’itois voire Pere. Quelquesjours après, il fut admis à l’Audience dela Reines à laquelle il fit un compli-ment de condoléance fur la mort du Roi,& de félicitation fur l’avenement du Roison Fils à la Couronne , Sc la Regencecìe cette Princesse. A quoi Sa Majestérépondit, qu’elle savoit combien le Roi sonEpoux avoit affeftionni la Ville de Genè-ve , qu’tUe en ujeroit de U même maniéré.
Anjorrant rapporta de la Cour, des Ré-ponses fort gracieuses aux Lettres desSeigneurs de Geneve , qui portoient queLeurs Majestez avoient pris en très bon-ne part, leurs fentimens , fur la mortdu feu Roi, Sc les assurances de la con-tinuation de leur attachement au servi-ce de la Couronne, Sc qu’ils dévoientêtre persuadez, que dans toutes les occa-sions le Roi leur feroit sentir les estersde fa bienveuillance, à l’exemple du def-funt Roi son Pere, qui avoit eu sort àcœur leurs avantages.
Les alarmes qu’on avoit eues dans Ge-neve, quand on aprit la mort de HenriIV., n’étoient pas fans fondement. Surla fin de Tannée 1610. Sc au commen-cement de 1611.3 il venoit des avis detoutes parts , que cette Ville alloit êtreassiégée. Les Troupes du Duc de Sa-voye aprochoient en effet , & le bruitcouroit que les Armes de ce Prince neregardoient pas seulement Geneve, maisaussi le Pars-de-Vaud. Ces avis furent
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