1632 .
L i v r e I I L - 49j
On sir peu cîe tems après uqc exécution qui sir du bruit,comme autrefois celle de Server. Ce fut celle de NicolasAntoine, devenu Apostat de la Religion Chrétienne. Quel-ques-uns murmuroient & difoient qu’il y avoir trop de sévéri-té, d’exécuter des gens à mort pour de simples opinions,mais le Conseil considérois le Criminel, non seulement commeun Apostat & un blalphemateur, qui traitoit la Sainte Trini-té de Cerbere ou de monstre à trois têtes, mais aussi com-me un Séducteur pernicieux , & un parjure qui prêchoit fafausse doctrine contre le serment fait en la réception. Voicila teneur de son Procès & de la Sentence, dont on pourraplus facilement juger, si les Genevois avoient droit ou torten cette procedure, & on $ verra leur maniéré de pronon-cer. . , Pro-
vrier 1631. , par laquelle le Roi de Sue-de marquoit aux Seigneurs de Geneve,qu’il voyoit avec plaisir > par la Lettrequ’ils lui avoient écrite, combien ils s’in-teressoient au bien général Sc au main-tien de la Religion Protestante , dont lesavantages Sc la conservation lui tenoientsi sort au cœur. Cette Réponse qui ser-voit en même tems de creance au Che-valier Ruche c'toit écrite à Upsal le 11.Decembre 1619. II la remit au Con-seil & fut admis à l’Audience avec tousles honneurs dûs à l’Ambassadeur d’ungrand Roi : U y fit un Discours en La-tin , dans lequel il s’étendit beaucoupfur la Puistânce du Roi son Maître , íurle dessein qu’il avoir de l’employer pourla défense de la Religion protestante, Sc^celui que dévoient se proposer tous lesEtats qui font profeíïïon de cette mêmeReligion, de travailler autant qu’il dépen-doit d eux à ce qui pouvoit contribuerà fa conservation ; Qu’il ne doutoit pasque ce ne fussent les sentimens de la Ré-publique de Geneve, pour laquelle SaMajesté avoir beaucoup d’estime, Sc fai-soit les vœux les plus sincères pour faprospérité ; Insinuant en même tems, quece Prince s’attendoit, que concourantaux fins qu’il se propoíbit, elle embral-seroit la correspondance à laquelle il l’in-vitoit.
Le Conseil ayant délibéré sur la pro-position du Chevalier Ruche, lui répon-dit, que la République l’avoit reçue a-vec une respectueuse reconnoistànce, qu’el-le étoit prête à rendre service à Sa Ma-jesté en toutes occasions, á ne point don-ner de retraite à lès ennemis , Sc à nepermettre aucune levée contre son ser-vice, pourvu que ce fût sans préjudicedes Traitez qu elle avoit avec la Cou-ronne de France , le Duc de Savoye Scles Cantons de Zurich Sc de Berne ; Qu’enéchange elle prioit trés humblement SaMajesté de vouloir, dans les occasions,prendre à cœur ses intérêts Sc la conser-vation , ^pns l’état où elle était actuel-lement, contre tous ceux qui voudroientattenter à fa liberté , Sc de vouloir a u litla comprendre au Traité que le Roi pour-rait faire avec les Cantons Evangéliques,ou avec tout le Corps Helvétique. Ruchefut ensuite auprès des Cantons, dèsquelsn’ayant obtenu autre chose qu’une neu-tralité , sous la condition qu’elle ne con-trevint point à> leurs autres Alliances, iln’eut pas occasion dans cette négociationde rien proposer qui regardât la Ville deGeneve en particuliers D’ailleurs la mortde Gustave Adolphe qui arriva bien tôtaprès , mit fin à toutes les vûés qu’ilpouvoit avoir, de faire des Traitez avecles Suisses.
M