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Les Genevois eurent les années suivantes quelque appré- 1632» Jhension du côté dc France & de Savoye , le Cardinal de
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pour l’Eglise Romaine, il alla à Metz,& s’adreílà à Ferri célébré Pasteur de l’E-glise Reformée de cette Ville, qui l’inf-truilit dans la Religion Protestante , delaquelle il fit profession publique , & tâ-cha même de convertir ses Pareils. Dansses études de Théologie, qu’il commençaà Sedan 6c continua à Geneve , il Rat-tacha particulièrement à la lecture del'Ancien Testament , 5c trouvant dans leNouveau plusieurs difsicultez , il embrasifa intérieurement le Judaïsme , environcinq ou six ans avant qu’on lui fit sonProcès.
Le Seigneur de Divonne soupçonna An-toine, 5c comme celui-ci étoit naturellementsombre 5c mélancolique , il tomba dansun accès de folie , qui fut si violent,qu’on le trouva dans fa Chambre , mar-chant à quatre pattes, 5c le déchaînantcontre la Religion Chrétienne , d’où s’é-tant ensuite échapé des Gardes qu’on luiavoir donné , il vint de nuit jusqu’auxPortes de Geneve, où il fut trouvé àneuf heures du soir, les piez nuds dansla bouc. Etant entré le lendemain ma-tin en Ville, il se prosterna d’abord dansla rue à la maniéré des Juifs, criant quele Dieu d’ijra'èl fut béni. Il fut dans lemême état pendant plusieurs jours, ayantété fur le point de fe précipiter dans leRhône , ce qui porta le Magistrat à letirer, le 11 . Fevrier, du Logis public oùil étoit, pour le mettre à l’Hôpital, oùles Médecins le traitèrent comme fou 5cfurieux : Il y resta plusieurs jours , pro-férant divers blasphèmes contre la Reli-gion Chrétienne. Les Ministres le voyoienttous les jours, 5c tâchoient, lors que fafureur paroislbit un peu calmée, de lefaire revenir de ses erreurs , ce qui n’a-boutit à rien, Antoine ayant dit qu’ilpersisteroit dans ses fentimens jusques àla mort, qu’il étoit prêt de souffrir pourla gloire du grand Dieu iflsrdél. N’ayantrien pû gagner fur lui, ils en informè-rent le Conseil , où ils le représentèrentpire que Servet , Gentilis , 5c tous les au-tres Antitrinitaires, concluant à ce qu’il
fut mis en prison en chambre clause : Cequi fut ainsi arrêté 5c exécuté le ij. Fe-vrier.
Quelques jours après qu’il y fut, ilretomba dans ses mouvemens frénétiques,accompagnez de paroles de désespoir.Ensuite, il dit qu’il vouloir rétracter toutce qu’il avoir avancé contre Jesus-Christ5c la Religion Chrétienne ; & en effet ,s’étant fait donner du papier, il écrivit,qu’)7 croyois la Sainte Trinité , & que Je-fui-Ghrift étoit le Tilt de Dieu , le Rédemp-teur du Monde ; mais il ne voulut pasalors signer ce qu’il avoir écrit, disant,qu’il le seroit quand il seroit hors deprison. II parut pendant quelques joursdans ces fentimens , mais enfin voyantqu’on ne le mettoit point en liberté, ilreprit son premier langage, 5c dit, qu’iln’avoit fait cet Ecrit que pour éviterla mort. Les Ministres firent derecheftout ce qu’ils purent pour le ramener,entrèrent avec lui dans la discussion dedivers Partages de l’Ancien Testament,5c le conjurèrent, par tout ce qu’ils luipurent dire de plus touchant, de renon-cer à ses erreurs, mais il y demeura fer-me. 11 le fut aussi devant le Magistrat,qui lui fit subir les Interrogatoires ordi-naires , où il soutint constamment sesOpinions Judaïques.
Pendant qu’il étoit dans les Prisons, ilprésenta deux Requêtes au Conseil Parla premiere, il pnoit qu’on informât defa vie ; qu’il avoir toujours tâché de vi-vre en la crainte de Dieu, 5c de suivrela droite voye du salut; que Dieu con-noiffoit son cœur, 6c étoit témoin de sonintégrité. Par la seconde , il disoit queselon Dieu , il n’avoit point mérité lamort, puis-qu’il le craignoit, l’aimoit5c le béniffoit , quoi que selon les Loixde l’Etat 5c la creance de l’Eglise de Ge-neve, il ne doutoit pas qu’on ne jugeâtqu’il I’eut bien méritée ; que s’il plaisoitainsi â Dieu, fa volonté fut faite; maisque si on le délivtoit , on auroit délivréune ame innocente Sc qui craignoit le Dieudes Cieux',
Lors-