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Tome premier.
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J 24 Histoire de Geneve.

1667. équipez en guerre dans 2. jours. Voilà les préparatifs dcguerre des Savoyfiens.

Les Genevois ne s’endormoient pas cependant. Tant dcgens de guerre si proche deux, les menaces que les gens duDuc faisoient continuellement, les avis qui leur venoient detous cotez qu’assurément on leur en vouloir, firent qu’ils cru-rent certainement qu'ils auroient la guerre: ils jugèrent pour-tant qu’il n’étoit pas vrai semblable que le Duc les voulût as-siéger dans les formes, mais qu’il y avoir grande apparenceque l'on vouloir essayer une surprise, soit de jour, soit denuit, favorisée peut-être par quelque intelligence qu’ils pou-' voient avoir dans la Ville. C’est ce qui sir resoudre les Ge-nevois à prendre toutes les précautions possibles pour la sû-reté de leurs Portes & de leurs murailles. Ils augmentèrentleur Garnison de 10. hommes par Compagnie; outre la gar-de Bourgeoise ordinaire, 30. Bourgeois íe joignoiènt à la Gar-nison tous les soirs, & n’étoient relevez que le soir suivantd’un pareil nombre : on faisoit partir la nuit des rondes detous les Corps de Garde à chaque quart-d’heure, outre lesGuets ordinaires , les 4. Surguets du Conseil des Deux Cent& les 2. Majors, qui ne manquoient point tous dc faire leurcharge en personne ; & ainsi les sentinelles n’avoient pas loisirde s’endormir : on renforça les Patrouilles de dehors, & mê-me ( on en faisoit sortir sur le Lac. Pour la sûreté du jour,-on doubla toutes les sentinelles-, & on sit cuiraíler celles quel’on mettoit aux Pont-levis, & aux Barrières , de peur descoups dc poignard: on fit aux Portes de nouvelles coulisses,tombereaux, chevaux de Frise j & autres machines propres àempêcher les surprises, & de nouvelles barrières ou pallissadcscent pas au-delà des vieilles. On sit couper toutes les bayes& arbres à la hauteur de la ceinture à la portée du mous-quet près des Portes, sur-tout en celle de Rive, asin qu’onpût découvrir facilement tout ce qui approcheroit. Outre lesConsignateurs ordinaires, on établit à chaque Porte des per-sonnes du Conseil des Deux Cent,, qu’on appelloit des No-tables.