Band 
Tome premier.
Seite
534
JPEG-Download
 

_ -$34 Histoire de Gexevê.

1673. Ceux qui jugent charitablement de leurs Concitoyens ont criíilqu’il n'y en avoit point d’assez malheureux pour cela, & quece n’étoit qu’un artifice, pour jetter du soupçon dans Tespritdu peuple contre quelques-uns de ceux qui gouvernent.

Le Petît Conseil après lavoir ouï l’envoya dans les prisonspar provision, & le lendemain celui des Deux Cent fut as-semblé , auquel on exposa toute l’affaire : l’on fut assez embar-rassé de ce que l’on feroit de cet homme s les uns vouloientqu’on le laissât aller en liberté, puis-qu’on lui avoit engagé lafoi publique, encore que ce ne fût que de paroles: les au-tres étoient d’avis qu’on lui donnât la question pour .savoirles traîtres, cela étant très important pour la sûreté de la Vil-le; d’autres opinoient qu’on le fit mourir, que l’on voyoit as-sez le danger évident qu’il y avoit à donner la liberté à unhomme de cette nature, qu’il n’avoit point découvert son des-sein par un bon motif, mais seulement poussé de dépit &pour une somme d’argent; qu’au reste, la foi publique ne-toit point engagée par la parole qu’on lui avoit donnée, qu’ilpouvoit venir avec la méme sûreté que les autres y étoientvenus, ces termes étant fort généraux & fort ambigus > puis-que par ces autres on pouvoit entendre les faiseurs d’cntrepri-ses comme lui, que l’on avoit fait mourir lors qu’on les avoitpû attraper. Cependant la plus grande voix porta à prendreun milieu , savoir de ne point toucher à sa vie, mais des’assurer de fa personne pour lui ôter le moyen de nuire : &ainsi on le condamna à une prison perpétuelle, où il feroitpeut être encore, si on ne lui eût donné la liberté, à la sol-licitation de Monsieur le Résident de France, sur la fin deTannée 1 680 . d .

1674. Les deux Princes Philippe & George freres de CharlesLandgrave de Hesse-Cassel vinrent à Geneve fur la fin de Tan-née

/* Norois fut élargi des prisons, Sc re- dition que cet homme là feroit mis in-mis à Monsieur Du Prc Résident de Fran- cessamment hors de la Ville & des Ter-ce. sur la priere de ce Ministre , comme res, pour n’y revenir jamais, fous peinele dit Mr. Sponj Ce qui fut fait à con. de la vie. ,