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dinairement du Lac, beaucoup de vapeurs; elles ressemblentà une fumée qui ne íeroit gueres épaisse, quoi-que ces vapeursne permettent pas à la vue de s'étendre plus loin, quellepourroit le faire dans un rems de Brouillard. L’on peut re-marquer dans le Lac Leman, deux fortes de flux & reflux;les premiers qui sont causez par la fonte des Neiges, arriventrégulièrement une fois chaque année, & sont très sensiblesdans toute l'étendue du Lac ; & les seconds , qui sont pro-duits par les vents, sont beaucoup plus ordinaires , mais ilssont presque toujours peu considérables , & ne s’aperçoiventgueres que dans le Rhône & dans la partie du petit Lac, laplus proche de Geneve.
L’eau qui couvre le grand Banc, n’a pas beaucoup de pro-fondeur en Hyver ; mais au Printems & en Eté , l’eau duLac croît considérablement, & passe avec une grande rapi-dité fous les Ponts du Rhône. Le plus sensible accroisse-ment des eaux, fe fait ordinairement au mois de Mai Sc aumois de Juin^ quoi-que les eaux commencent à s’élever avantce tems-Ià, 8 c qu’elles continuent de croître par reprises jus-ques vers le milieu du mois d’Août, après-quoi elles dimi-nuent peu à peu jusqu a la fin de l’Automne. En 1705. leLac ne sut que médiocrement grand durant l’Eté, néanmoinsles eaux seleverent proche du Travers, & vers la premiereentrée du Port de Geneve, depuis le 18. de Mars julqu’au17. d’Août, de 5. pieds & un pouce, par dessus la hauteurqu’elles a voient dans ces lieux-là, l’Hyver précédent, & ellesne seleverent, pendant le même tems , que de 4. pieds à35. pas au-dessous du grand Pont; ainsi, dans l’espace deenviron 275. Toises de France, le Rhône ajouta 13. poucesà la pente qu’il avoit, 5. mois auparavant, dans le même in-tervale. Ce Fleuve a fort peu de pente à Geneve, lors-queces eaux sont basses, cwnme on le démontrera dans la fuite.Selon le calcul que j’en ai fait, il s’écoule du Lac en Eté,du moins 8. fois, & certaines années, plus de 10. fois au-tant d’eau qu’en Hyver.
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