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Le Vingtième Siècle.
Comme M. Ponto allait continuer à admonester une pupille si déplo-rablement douée au point de vue pratique, un tintement de sonnette élec-trique retentit; en même temps, le phonographe placé sur la table, aprèsun tintement correspondant, prononça ces mots avec l’accent alsacien duconcierge de l’hôtel :
— L’aérocab de madame !
— Ah ! voilà maman ! s’écrièrent Barbe et Barnabette en se levant.
M ra ° Ponto venait d’atterrir au belvédère de l’hôtel, et déjà l’on enten-dait le glissement de l’ascenseur qui l’amenait des hauteurs de la maisonau palier du premier étage ; Barbe et Barnabette se précipitèrent et sejetèrent dans ses bras dans l’ascenseur même.
— Bonjour, mes enfants, dit M m,: Ponto en se débarassant d’une ser-viette d’avocat bourrée de papiers; eh bien, vous voilà donc revenues!...j’attendais ce doux moment de la réunion avec des battements de cœurplus précipités de jour en jour!... C’est pour aujourd’hui, me suis-je dit cematin en m’éveillant...
— Nous pensions que vous aviez oublié le jour de notre arrivée, ditBarnabette avec un accent de reproche.
— Oublier le jour de votre arrivée? moi! fit M ,m - Ponto en redoublantde caresses, vous dites cela parce que je n’étais pas au tube... ah ! mesenfants, la politique a des exigences cruelles ! cela m’a bien chagrinée d’êtreobligée de refouler pendant quelques heures de plus toutes les effusions,que dis-je, toutes les explosions de ma tendresse!... mais la politique! jedînais avec des amies politiques... nous avions la ligne de conduite du partiféminin à dé terminer pour la crise prochaine, et tout un programme politiqueà élaborer... Vous savez que je pose ma candidature aux élections pro-chaines?
— Vrai! tu es candidate, maman?
— Forcément, mes enfants, on m’impose mon mandat, et savez-vousquel est mon concurrent ? savez-vous contre qui, bien malgré moi, je vaisavoir à lutter? Contre votre père, mes enfants, contre mon propre mari,contre M. Ponto, candidat masculin!...