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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

dans la salle, une certaine quantité de spectateurs à domicile, reliés authéâtre par le fil du téléphonoscope. Nouvelle et importante source de reve-nus. Plus de limites maintenant aux bénéfices, plus de maximum derecettes ! Quand une pièce avait du succès, outre les trois ou quatre millespectateurs de la salle, cinquante mille abonnés,, parfois, suivaient lesacteurs à distance; cinquante mille spectateurs non seulement de Paris ,mais encore de tous les pays du monde.

Auteurs dramatiques, musiciens des siècles écoulés ! ô Molière , ô Cor-neille, ô Hugo, ô Rossini ! qu’auriez-vous dit au rêveur qui vous eût annoncéqu’un jour cinquante mille personnes, éparpillées sur toute la surface duglobe, pourraient de Paris, de Pékin on de Tombouctou , suivre une de vosœuvres jouée sur un théâtre parisien, entendre vos vers, écouter votremusique, palpiter aux péripéties violentes et voir eu même temps vospersonnages marcher et agir ?

Voilà pourtant la merveille réalisée par l’invention du télépho-noscope. La Compagnie universelle du téléphonoscope théâtral, fondéeen 1945, compte maintenant plus de six cent mille abonnés répartis danstoutes les parties du monde ; c’est cette Compagnie qui centralise les filset jmye les subventions aux directeurs de théâtres.

L’appareil consiste en une simple plaque de cristal, encastrée dansune cloison d’appartement, ou posée comme une glace au-dessus d’une che-minée quelconque. L’amateur de spectacle, sans se déranger, s’assieddevant cette plaque, choisit son théâtre, établit sa communication et toutaussitôt la représentation commence.

Avec le téléphonoscope, le mot le dit, on voit et Ton entend. Le dia-logue et la musique sont transmis comme par le simple téléphone ordi-naire; mais en même temps, la scène elle-même avec, son éclairage, sesdécors et ses acteurs, apparaît sur la grande plaque de cristal avec la nettetéde la vision directe; on assiste donc réellement à la représentation parles yeux et par l’oreille. L’illusion est complète, absolue; il semble quel’on écoute la pièce du fond d’une loge de premier rang.

M. Ponto était grand amateur de théâtre. Chaque soir après son dîner,quand il ne sortait pas, il avait coutume de se récréer par l’audition télé-phono§copique d’un acte ou deux d’une pièce quelconque, d’un opéra oud’un.ballet des grands théâtres non seulement de Paris , mais encore deBruxelles, de Londres, de Munich ou de Vienne, car le téléphonoscope-aceci de bon qu’il permet de suivre compléteraient le mouvement théâtral