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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

Et M. Ponto appuya sur le timbre de l’appareil et prononça ces motsdans le tube téléphonique :

« Mettez-moi en communication avec Opéra de Paris ! »

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Un timbre, lui répondit immédiatement.

« La communication est établie ! dit M. Ponto ; baissez les lampes,nous n’avons pas besoin de lumière. y>

Une sorte d’éclair traversa la plaque de cristal, un point lumineuxse forma au centre, grandit avec des mouvements vibratoires et des scin-tillements, puis brusquement la scène de l’Opéra tout entière apparut avecla plus grande netteté.

En même temps éclata le tonnerre des cuivres de l’orchestre 1 ;les trombones, les saxophones et les bugles, habilement perfectionnéset portés à un très haut degré de puissance, rugirent une phrase musi-cale à faire crouler un édifice moins solidement construit que la maisonPonto.

Hélène sentit comme un grand souffle qui lui faisait voltiger les che-veux, les lampes s’éteignirent tout à fait et les faïences sur les dressoirsfrissonnèrent.

« Je vais modérer un peu, dit M. Ponto en tournant légèrement laclef du compteur; l’orchestre nous assourdirait. »

Le tumulte musical baissa de quelques tons et les cloisons de l’appar-tement cessèrent de vibrer.

Le docteur Faust en scène venait d’évoquer le Maudit; quand ilacheva son grand duo avec Méphistophélès , le téléplionoscope trans-mit comme un écho lointain le bruit des applaudissements de lasalle.

« Ali! on peut applaudir? dit Barnabette.

— Parbleu ! répondit M. Ponto ; les spectateurs à domicile peuventenvoyer leurs applaudissements aussi. Tenez, j’ouvre la communication avecla salle, vous pouvez applaudir !

1. L’Opéra est un des rares théâtres qui ont conservé un orchestre particulier. Lesthéâtres lyriques, on le conçoit, ne peuvent s’en passer, mais les autres théâtres se sontentendus pour payer à frais communs un seul orchestre établi dans un local spécialconstruit selon des données scientifiques, et relié à tous les théâtres par des fils télépho-niques. L’orchestre central joue chaque soir quatre morceaux que les fils transmettentaux théâtres abonnés. Les théâtres ne sont pas forcés de jouer tous à la même heure ;par une combinaison phonographique, les morceaux sont retenus dans les tuyaux jus-qu’au moment où le souffleur tourne le robinet placé dans le fond de sa boîte.