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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

y conduirai un jour. Quelle belle troupe, mes enfants, que celle de ce théâtrerétrospectif, et comme cependant elle donne peu (ie soucis à son directeur :il y a une douzaine de cantatrices célèbres, autant de ténors, cinq ou sixtragédiennes, cinquante jeunes premiers, cinquante jeunes premières, descomiques fameux, des duègnes; et tout ce monde-là se tient tranquille. Lescantatrices, ô miracle ! ne demandent pas d’appointements du tout ; lesténoTSne réclament pas de décorations, les tragédiennes n’exigent pas des cou-ronnes d’or et 50,000 francs par soirée, enfin les jeunes premières ne s’arra-chent pas mutuellement les yeux. C’est inimaginable ! Il est vrai qu’ils sonten acier laminé et renfermés dans de petites boîtes. Dans ce musée deCluny de l’art dramatique, tous les artistes sont rangés sur des tablettes ; lejour de la représentation on les époussette, on les met sur une belle tablerecouverte d’un tapis vert et l’on commence... On presse le bouton du pho-nographe et Mounet-Sully rugit une scène de Hernani; on presse un autrebouton et une tragédienne, célèbre par ses talents et par ses découvertesdans l’Afrique centrale, lors de sa. tournée de 1884 à Saint-Louis, Tom-bouctou, Ujigi, Zanzibar, etc., Sarah Bernhardt enfin, lui donne la réplique.On presse encore un bouton et Ton entend la voix de Daubray, un fin etjoyeux comédien du Palais-Royal, alternant avec celle de Céline Chair-mont dans une pièce de Victorien Surdon. On presse encore un bouton etle phonographe nous chante, avec la voix de Judic, des chansons fameusesaux Variétés du siècle dernier. Ensuite un antre phonographe nous donnedes échantillons de Dupuis, chanteur et comédien, dans la belle série depièces de Meilhac, Halévy et Offenbach : la Belle Hélènej la Grande-duchesse de Gérolstein, etc. Dans un autre phonographe, Judic et Dupuisnous jouent les Charbonniers de Philippe Gille ... Il y a comme cela deuxcents instruments ; ce phonographe qui parle du nez, c’est Hyacinthe duPalais-Royal; celui-ci, qui ténorise avec tant de charme, c’est Capoul; cettevoix si suave, c’est Lassouche... non, je me trompe, c’est Faure..., etc...Mais assez de théâtre comme cela, mes enfants, il se fait tard et j’entendsdescendre l’ascenseur qui nous ramène M me Ponto du club des revendica-tions féminines.