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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

— Ma cliôre Hélène, je vous présente M. Zépliyrin Rouquayrol, ledéputé leâding de la gauche, un des plus redoutables adversaires du gou-vernement...

— Un peu mollasse ! dit un monsieur assez mal mis derrière le député.

— Et qui sera gouvernement lui-même avant peu, reprit le banquier.

— On ouvrira l’œil, alors ! continua le même monsieur. »

Le député, après avoir présenté ses compliments à M me Ponto ainsiqu’à M Ues Ponto, qui causaient finances dans un coin avec des banquiers deVienne et de Berlin, s’assit près d’Hélène et se remit à la eomjdimenter.

— Oui ! mademoiselle, je vous ai entendue l’autre jour dans l’affaireJ-upille et j’ai été fort émotionné... Je ne vous cache pas que j’avais despréventions contre cet infortuné Jupille, mais la puissance de vos argu-ments m’a ouvert les yeux... tout le monde était contre lui, le tribunal,l'auditoire et les jurés. Quelle éloquence il vous a fallu dé](loyer pour con-vaincre les esprits prévenus et faire admettre comme chef d’accusation lesimple homicide par contrariété ! Je suis encore sous le charme...

— Permettez ! fit l'opiniâtre interrupteur du député en avançant unsiège entre Hélène et M. Rouquayrol et en s’asseyant sans façon.

— Oui, mademoiselle, continua le député, rien qu’en paraissant à labarre... votre seul aspect a fait battre tous les cœurs... vos beaux yeux...

— Des fadeurs ! glissa l’interrupteur en s’interposant entre les cau-seurs.

— Vos beaux yeux noyés de larmes, continua M. Rouquayrol, ont émujusqu’au ministère public !

— Monsieur ! fit Hélène embarrassée.

— Et les beaux gestes ! reprit M. Rouquayrol, vous avez une main dedéesse, mademoiselle ! c’est précieux pour une avocate, une main éléganteet fine sortant des plis de la toge pour frapper sur la barre ou levée trem-blante, au moment suprême, pour faire valoir une péroraison et éblouir lesjurés... Celui à qui vous l’accorderez un jour sera bien heureux!

— Hum ! hum ! hum ! fit l’interrupteur comme pris d’un accès detoux. »

Hélène rougit, de plus en plus embarrassée.

Heureusement M me Ponto survenant la dispensa de répondre.

ic Eh bien, moucher député, vous étiez à l’audience, l’autre jour?Retenue au sein de mon comité électoral je n’ai pu assister aux débuts ora-toires de ma chère pirpille et j’avoue que je ne m’attendais pas à une réus-