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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

139

— Mon ami, vous avez "bien fait de me le dire, je porterai votre récla-mation au ministère et je suis certain qu’il y sera fait droit.

— Bon ! à part ça, je crois que je me plairai ici. »

Cependant Hélène, d'un air soucieux, regardait depuis quelqueinstants san^ mot dire le bouquet que lui avait remis Jnpille.

« Des roses superbes, des œillets magnifiques ! dit M Ue Malicorne enregardant aussi le bouquet.

— Vous les reconnaissez? demanda Jnpille à Hélène, je les cultiveà votre intention...

— Grand Dieu ! fit Hélène pâlis-sant.

— Rien qu’à votre intention!poursuivit Jnpille ; je vous l’ai dit àl’audience, vous avez si bien parléque ça m’a remué... là, vrai, vous avezfait ma conquête! aussi je vous envoiemes fleurs...

— Ces bouquets que j’ai reçus?...dit Hélène.

— C’est de mon petit jardin! ré-pondit Jupille la main sur son cœure t cherchant à sourire le plus gracieusement possible. »

Hélène jeta brusquement loin d’elle le bouquet de l’infortuné Jupillee t, abandonnant sans cérémonie l’avocate ainsique le philanthrope, prit sacourse à travers les jardins comme si tous les pensionnaires de l’établisse-ment eussent été à ses trousses.

Le digne philanthrope et M Ue Malicorne, surpris de la fugue d’Hélène,envoyèrent le concierge derrière elle, pour l’aider à traverser le parc sansSe perdre et sans mésaventure. Ils présentèrent ensuite leurs excuses àl’infortuné Jupille et prirent congé de lui.

Le philanthrope avait offert son ras à l’éminente avocate et regagnaitavec elle le pavillon central.

« Vous ne remarquez pas, dit-il, l’animation de mes pension-naires... vous ne distinguez pas certains préparatifs?...

-— Mais si, fit M lle Malicorne, on dirait comme des préparatifs defete... mais, là-bas, il me semble, ou dresse un portique de feuillages!

— En effet, c’est un arc de triomphe!

Le caissier de la Maison de retraite .