Le Vingtième Siècle.
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— Mon ami, vous avez "bien fait de me le dire, je porterai votre récla-mation au ministère et je suis certain qu’il y sera fait droit.
— Bon ! à part ça, je crois que je me plairai ici. »
Cependant Hélène, d'un air soucieux, regardait depuis quelqueinstants san^ mot dire le bouquet que lui avait remis Jnpille.
« Des roses superbes, des œillets magnifiques ! dit M Ue Malicorne enregardant aussi le bouquet.
— Vous les reconnaissez? demanda Jnpille à Hélène, je les cultiveà votre intention...
— Grand Dieu ! fit Hélène pâlis-sant.
— Rien qu’à votre intention!poursuivit Jnpille ; je vous l’ai dit àl’audience, vous avez si bien parléque ça m’a remué... là, vrai, vous avezfait ma conquête! aussi je vous envoiemes fleurs...
— Ces bouquets que j’ai reçus?...dit Hélène.
— C’est de mon petit jardin! ré-pondit Jupille la main sur son cœure t cherchant à sourire le plus gracieusement possible. »
Hélène jeta brusquement loin d’elle le bouquet de l’infortuné Jupillee t, abandonnant sans cérémonie l’avocate ainsique le philanthrope, prit sacourse à travers les jardins comme si tous les pensionnaires de l’établisse-ment eussent été à ses trousses.
Le digne philanthrope et M Ue Malicorne, surpris de la fugue d’Hélène,envoyèrent le concierge derrière elle, pour l’aider à traverser le parc sansSe perdre et sans mésaventure. Ils présentèrent ensuite leurs excuses àl’infortuné Jupille et prirent congé de lui.
Le philanthrope avait offert son ras à l’éminente avocate et regagnaitavec elle le pavillon central.
« Vous ne remarquez pas, dit-il, l’animation de mes pension-naires... vous ne distinguez pas certains préparatifs?...
-— Mais si, fit M lle Malicorne, on dirait comme des préparatifs defete... mais, là-bas, il me semble, ou dresse un portique de feuillages!
— En effet, c’est un arc de triomphe!