LE TABAC.
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d’une pipe formée d’une sorle de coquille de noixarmée d’un tuyau de paille ou de plume, que l’onfaisait circuler autour de la table pour que chaqueconvive s'en servît à son tour, les gentlemen fai-saient usage de pipes d’argent. Le tabac se vendaitalors au poids de ce métal précieux (for its weight insilver) (1).
En France, une ordonnance de poli ce, sous Louis XIII ,« défend de vendre celte drogue à tout autre qu’auxapothicaires, sous peine d’amende de quatre-vingtslivres parisis. »
Avec les progrès du dix-septième siècle, dit M.A.Baret, le tabac recouvre son droit d’entrée dans lesEtats, etCotugi fait une thèse dans laquelle il chercheà prouver que loin d’être nuisible, le tabac développel’intelligence. Bref, deux camps s’établissent et dis-cutent sur la nicoliane; on argumente, on fait desthèses pour soutenir son opinion, et la querelle dePoirson et Bardin, tous deux priseurs et néanmoinsd’opinion très différente, est relatée dans une foulede thèses.
C’est sous Louis XIV que le tabac gagne du ter-rain. Alors la cour prise, le peuple fume, Molière raille ceux qui ne fument pas. Jean Bart fume enpleine cour la première pipe qui parait dans une so-ciété de gentilshommes; Louvois approvisionne l’ar-mée de tabac, le prince de Vendôme donne à ses va-lets l'occasion de faire de gros profits en raclant letabac de dessus ses vêtements; sous Napoléon, lesgénéraux fumaient beaucoup. Oudinot et Moreau fu-
(1) D r A.Tliant. l'Alcool et le Tabac.
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